Gimeaux, dimanche 3 mars

4 novillos de Yonnet pour

Francisco José Palazon : une oreille

Alberto Lamelas : 2 oreilles

Adam Samira : une oreille

Solal Calmet « Solalito”: 2 oreilles

Lamelas

Temps printanier, arènes pleines, paseo retardé d’un quart d’heure.

Novillos inégaux de jeu et de comportement. Très bon le 1er et 4ème de la tarde.

Sous un beau soleil de début mars, Francisco José Palazon accueille son novillo d’une belle série de véronique templées, rematée par une splendide revolera dans un impressionnant nuage de poussière. Le novillo prend une belle monopique en poussant. Jolie paire de banderilles de Nicolas Martos « Joselillo » sur la corne gauche, côté où le novillo est le meilleur. Après un brindis au public, le maestro débute sa faena par une série de derechazos aidés par le bas conclue par une jolie passe du mépris avant le traditionnel « pase de pecho ». Le diestro se place ensuite au centre pour se lancer dans une série de derechazos accrochés. Il prend alors la décision de passer sur la gauche pour un bel enchainement, le bicho mettant la tête. Palazon prend confiance en repassant sur le côté droit, avant de revenir à gauche avec une naturelle de trois quart de face qui fait se déclencher le paso doble « Nimeno II ». Malheureusement la faena va à menos avec des redondos qui ne pèsent pas. Bonne estocade en se mouillant les doigts quoique légèrement de travers. Une deuxième un peu plus basse de côté et  deux descabellos achèvent les débats. Une oreille d’encouragement pour le torero alicantin.

Même s’il n’était pas en costume de lumières, Alberto Lamelas avait attaché ses machos devant les yeux de son apoderado Tomas Campuzano. Le maestro jienense accueille son adversaire du jour plein de fougue par une larga afarolada de rodrillas puis une série de véroniques un peu brouillonnes mais pleines d’envie. Trois rencontres au cheval en poussant, la troisième avec un peu moins de brillo. Belles paires de banderilles de Tomas Ubeda et de Dylan Rimbaud sur les deux côtés. Le novillo étant encore frais malgré ses trois piques, le matador débute les débats par une série de doblones le long des planches suivie d’une série à droite belluaire et assez précipitée. Après deux séries à gauche commencées par des aidées, le bicho commence à se décomposer. Sous les conseils avisés de son apoderado, le torero laisse plus de distance au Yonnet et essaye de faire les choses plus posément. Bien lui en a pris car il sert une agréable série de derechazos templés. Le torero fait parler son expérience et son métier devant un novillo qui aurait peut-être mérité une quatrième pique tant il a encore du gaz. Après les traditionnelles difficultés de placement face à un tel adversaire, Lamelas gratifie le public d’un modèle d’estocade al encuentro. Puntilla efficace de David Romero qui libére les deux oreilles du palco. Applaudissements nourris au novillo à l’arrastre.

Adam Samira qui se présente peu avant son début avec chevaux et en tant que régional de l’étape, part lui aussi avec beaucoup d’envie. Après une entrée traditionnelle par véroniques, son novillo part seul à la cavalerie. Le jeune torero fait des effort pour le second placement avec des chicuelinas suaves. Deuxième pique sans véritablement pousser au cheval. Après un brindis au public, le novillero arlésien entame sa faena par des aidées appliquées par le bas laissant l’espace nécessaire au fougeux novillo. Il essaye de composer la figure, son physique rappelant étrangement celui de Morante lorsqu’il était adolescent. Après deux sévères volteretas, le Yonnet serre dangereusement à gauche, Adam Samira fait preuve de beaucoup de pundonor torero en revenant en piste après une voltera. Une reprise logiquement sur la droite fait résonner le Paquito el Chocolatero (peut être aussi en hommage à son apoderado qui n’est autre que Paquito Leal). Le novillo est violent des deux côtés. Le novillero refait un essai méritoire par naturelles en essayant d’être doux face à un adversaire qui l’avait largement secoué. Une série de doblones a été obligatoire pour préparer l’encore bouillant utrero à l’estocade. Il conclut d’une demi-épée verticale d’effet rapide, qui fait mourir le Yonnet devant le toril. Adam Samira est récompensé d’une oreille.

Solalito réceptionne le magnifique colorado par des véroniques à l’ancienne gagnant du terrain terminant par une revolera pleine de toreria pour placer le novillo au cheval. Une monopique sans trop de relief. Le torero nimois partage les banderilles avec le becerrista arlésien Fabien Castellani qui en profite pour se mettre en valeur. Belle lidia du banderillero istréen Tomas Ubeda. Solalito brinde sa faena à Alberto Lamelas et Tomas Campuzano. Il gratifie le public venu en nombre d’une belle entame par le haut prolongée par une série de derechazos templés au centre du ruedo. Solal prend confiance et essaie de baisser la main face à son novillo qui lui reproche de suite, un becerro de deux ans et demi juste de force. Le nimois a l’intelligence de continuer sa faena par des passes à mi-hauteur.  Il réussit à faire les passes les plus méritantes de l’après-midi en se croisant à gauche. La jolie entière libére les deux oreilles du palco qui accorde une vuelta posthume au novillo.
 

Juan Medina

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *