La corrida goyesque bleue, désormais traditionnelle à Bayonne, a lancé la Féria de l’Atlantique 2025. Pour l’occasion, les arènes étaient pleines, notamment grâce à la présence annoncée d’Andrés Roca Rey. Blessé, le Péruvien a été remplacé par David de Miranda, mais les places déjà vendues ont permis d’assurer la bonne affluence.
Au niveau du bétail, les toros de Zacarias Moreno et un de Daniel Ruiz (5e) n’ont pas permis à cette goyesque bleue de prendre son envol. Le manque de race et de force de l’ensemble du lot a malheureusement restreint les ambitions des toreros. La présentation ne fut pas non plus au rendez-vous, avec des toros aux armures peu esthétiques. Seul le cinquième, de Daniel Ruiz, fut véritablement à la hauteur des arènes de Bayonne.

Le quatrième toro a, quant à lui, donné satisfaction, offrant une adversité intéressante tout au long de la lidia. Il a relevé le niveau de la goyesque avec un Morenito de Aranda qui a livré bataille avec professionnalisme et intérêt. Le torero castillan a réalisé une excellente prestation, précis dans la lidia et capable de s’aligner sur l’exigence de l’animal. L’épée le priva du triomphe, et les deux vueltas n’ont pas permis d’atténuer sa déception.
Juan Ortega a déçu, réalisant une tarde de « détails », insuffisante pour contenter les aficionados. Si ses véroniques furent d’une beauté exquise et ses doblones très toreros, l’adversité de son second lui a posé des problèmes qu’il n’a jamais réussi (ni voulu) résoudre. La torería ne suffit pas pour triompher…

David de Miranda, invité en remplacement de Roca Rey après une temporada couronnée de succès et de nombreuses oreilles, a vécu une tarde contrastée. Encore trop imprécis dans la lidia, il fut mal servi au sorteo devant son premier, invalide. Face à son second, intéressant mais exigeant, il fut mis à l’épreuve par le toro. En recherche de solutions, il parvint finalement à tirer de bonnes séries avec beaucoup de mérite. On le reverra, c’est sûr, pour voir si les progrès sont toujours en route…

Toro a toro
Morenito de Aranda va a puerta gayola recevoir le premier toro, un bel exemplaire malgré une corne abîmée, aggravée en frappant les planches. La larga de rodillas est bien exécutée par Morenito, mais les charges lourdes de l’animal l’obligent à le conduire vers le centre en bon lidiador. Bonne mise en suerte pour deux piques légères où le toro pousse un petit peu. Morenito paye le tercio de piques léger dans le dernier tiers. L’animal est mobile mais la violence de ses coups de tête contraint les plans de l’Espagnol. Professionnel et volontaire, Morenito réalise de bons passages malgré une domination pas totalement acquise. Le toro se distrait au moment de la mise à mort, ce qui complique la tâche. Morenito finit par porter une entière un peu plate qui nécessite le descabello.
Mal présenté, juste de trapío et vilainement armé. Juan Ortega réalise de belles véroniques d’entame qui éveillent le public. Première mise en suerte mauvaise : Ortega laisse le toro aller seul au cheval. La deuxième pique est un peu plus appuyée après un bel impact. Juan Ortega propose un joli quite par chicuelinas tout en douceur. David de Miranda répond par saltilleras plus spectaculaires. La faena débute bien avec des doblones de peinture dessinés par Juan Ortega. De l’esthétisme sur une entame rythmée, notamment sur le pitón droit. Mais le toro baisse trop vite en intensité et ne répond plus aux attentes. Le Sévillan essaie de composer avec un peu de torería, mais la faena perd sa saveur. Il tue d’une demi-lame et d’un descabello.
Juste de présentation. David de Miranda est absent de la lidia, laissant le toro aller seul à la pique pour deux rencontres mal exécutées et légèrement appuyées. Le toro galope bizarrement dès le tercio de piques, avec un train arrière qui se dérobe. David de Miranda commence sa faena par le bas et finit d’handicaper un toro qui se plante les cornes dans le sable à deux reprises. Invalide, l’Espagnol doit abréger. Peu de réussite à l’épée : plusieurs pinchazos avant un vilain bajonazo.
Juste de présentation. Bien lidié par Morenito de Aranda qui soigne ses mises en suerte. Deux piques correctes où le toro s’implique légèrement. Morenito entame sa faena par d’excellents doblones. Le toro charge avec transmission et intensité. Le Castillan réalise de bons passages des deux côtés dans une faena qui monte en intensité. Quand l’animal baisse de régime, Morenito compense en réduisant les distances avec précision et métier. Le succès est acquis muleta en main mais l’épée n’est pas au rendez-vous et le prive d’un triomphe. Quel dommage ! Malgré une petite pétition, la présidence n’accorde pas, à juste titre, l’oreille. Double vuelta fêtée !
Un magnifique exemplaire, bien armé et bien présenté. Juan Ortega le salue par de belles véroniques avant deux piques sans histoire, correctement exécutées. Mais dans le dernier tiers, il ne s’implique pas et ne cherche pas à résoudre les problématiques du toro. Prestation décevante dans son ensemble. Il conclut d’un bajonazo foudroyant.
Juste de présentation. Cette fois, David de Miranda réalise une bonne mise en suerte pour deux piques. Le toro est sérieux et exigeant. Le torero est mis à l’épreuve. Il met du temps à comprendre l’animal, mais parvient à tirer de bons passages dans une deuxième partie de faena qui va a más. Il termine par un toreo entre les cornes précis avant de porter une entière un peu basse et lointaine qui fait effet. Vuelta pour clore la tarde.
Bayonne, Vendredi 29 août 2025
6 toros de Zacarias Moreno et Daniel Ruiz (5e) pour :
Morenito de Aranda : salut après avis et vuelta
Juan Ortega : salut et silence
David de Miranda : silence et vuelta
Jean Dos Santos