Madrid : une longue traversée du désert pour Paco Ureña

C’était l’événement de la San Isidro 2022. Quelques semaines après l’annonce de l’encerrona de Emilio de Justo, c’est Paco Ureña qui a fait part de son souhait d’affronter en solo six toros lors de la Féria la plus importante du monde. Six toros, trois encastes avec quatre domecq, un albaserrada et un atanasio.

Pour cette encerrona, les gradins de Las Ventas n’ont pas fait le plein (19 992 personnes). On peut dire que cette épreuve ne fut pas de tout repos pour Paco Ureña, tant sur le plan physique que mental. Le bilan de ce défi n’est pas le meilleur que l’on puisse tirer, en n’enlever à aucun moment toute la valeur de l’acte.

Mais sur le sable, Paco Ureña ne fut pas au niveau attendu, tout comme les six toros présentés en piste ce Samedi après-midi. Le toreo froid du torero de Lorca, combiné au manque de caste et de transmission des six exemplaires de la tarde n’ont pas permis aux tendidos la connexion espérée. Ureña n’est pas au plus haut de sa carrière, et il est difficile de penser que cette tarde changera les choses, bien au contraire.

A noter le manque de respect d’une partie des détracteurs présents, jetant leurs coussins en piste, alors même que le toro vivant en piste. Une injure envers le torero, quel que soit sa performance, d’autant que l’on ne pourra en aucun cas remettre en cause son engagement tout au long de la tarde.

Bref, une après-midi qui ne restera pas dans l’histoire de la tauromachie, mais qui pourrait porter préjudice à Paco Ureña pour la suite de sa carrière.

Toro a Toro

1° – La Ventana del Puerto

Le premier toro de la tarde est très juste de présentation. Il pousse avec violence au cheval sur la première pique et prend une seconde sans trop s’y impliquer. Lors du dernier tiers, la charge du toro garde une certaine violence. Paco Ureña ne parvient pas à exploiter la mobilité de l’animal. Les séries sont inégales, parfois accroché ou manquant de liant. Cette première prestation laisse une sentiment d’inachevé.

2° – Domingo Hernandez

Le second toro est très bien présenté avec un trapio dans la norme des arènes de Las Ventas. Capote en main, Paco Ureña réalise une bonne réception avec trois véroniques notables. 2 piques. Bon début de faena du torero de Lorca avec une série de statuaires puis naturelles au centre du ruedo. La faena est à nouveau inégale avec les meilleurs moments par naturelles. Le tout manque de transmission et de précision de la part d’Ureña.

3° – Adolfo Martin

Très bien présenté le troisième exemplaire de Adolfo Martin. Difficile à fixer, le toro, mal mis en suerte, prend deux piques. Réservé, le toro d’Adolfo reste court dans le muleta de Paco Ureña. Sur le piton droit, le torero de Lorca laisse quelques muletazos mais perd vite la fil faute à un toro sans grandes qualités, souvent sur la réserve.

4° – José Vazquez

Armé et manquant légèrement de trapio, le quatrième du fer de José Vazquez est manso. Il prend 3 piques en sortant seul du cheval au contact du châtiment. Lidia assurée par le banderillero. Dans le dernier tiers, l’animal est sans race. Il est tout de même mobile mais sans transmission. Ureña essaie de tirer quelques muletazos, mais la prestation manque d’intérêt.

5° bis – Conde de Mayalde

Très beau toro de Conde de Mayalde qui remplace le Domecq, de trapio incommode. Paco Ureña le reçoit avec quelques capotazos notables, donnés pieds-joints. La faena de Paco Ureña est bien débuté avec quelques muletazos intenses. Le toro de Conde de Mayalde manque de force. Malgré sa noblesse, il ne peut répondre avec intensité dans ses charges. Il va a menos mais une partie des tendidos suit la toreria, un peu trop périphérique de Paco Ureña. Son estocade est en place sous le jet des coussins depuis les tendidos ?! Après une pétition qui dure malgré les contestations des tendidos, une oreille est accordée.

6° – Victoriano del Rio

Le dernier toro de la tarde est de présentation correcte. Le toro est difficile à fixer et a tendance à fuir. Absent de la lidia, Paco Ureña laisse le soin de la mise en suerte à sa cuadrilla. 2 piques. Le matador revient capote en main pour une série de gaoneras au centre du ruedo. Dans le dernier tiers, le toro confirme son comportement de manso. Il fuit le combat. Paco Ureña insiste et court après l’animal qui se promène autour des tablas

Madrid, Samedi 21 mai 2022

6 toros de Ventana del Puerto, Domingo Hernandez, Adolfo Martin, José Vazquez, Conde de Mayalde (5°bis), Victoriano del Rio pour
Paco Ureña : silence, salut, silence, silence, une oreille et salut

Jean Dos Santos