Mont de Marsan : Grande déception des novillos de Condessa de Sobral malgré le triomphe de Julio Mendez

La pluie s’est invitée lors de cette journée qui fêtait les 100 jours avant le début de la Madeleine. L’occasion pour La Muleta de Saint-Perdon d’organiser sa novillada annuelle, à laquelle ont assisté environ 700 à 800 personnes malgré des conditions difficiles.

Les organisateurs avaient fait le choix de reconduire les novillos de Condessa de Sobral après l’édition 2025. Malheureusement, ce choix fut tout sauf payant. La devise portugaise a envoyé un lot totalement décasté et sans grand intérêt, malgré une présentation irréprochable. Tous les novillos ont fui à leur entrée en piste, montrant ce manque de race dès les premières foulées dans le ruedo. C’est finalement le dernier novillo qui a offert le plus de jeu, malgré là aussi un manque de fond. Une édition 2026 gâchée par un bétail malheureusement absent du rendez-vous.

Chez les piétons, on retiendra la prestation de Julio Mendez. Malgré l’exagération du nombre de trophées reçus, il s’est accroché et a montré une réelle détermination pour tenter d’inverser la tendance. Appliqué et juste techniquement, sa sortie en triomphe témoigne parfaitement de sa supériorité par rapport à ses compagnons de cartel.

Julio Mendez devant son premier novillo

Pourtant, Cid de Maria et Tomas Bastos ne sont pas nés de la dernière pluie. Novilleros expérimentés, on pourra notamment leur reprocher un manque de détermination, tout comme une certaine résignation à fournir l’effort supplémentaire. Il est vrai que le bétail ne les a pas aidés, pas plus que la pluie, mais on est finalement resté sur notre faim.

Toro a toro

Le premier novillo de Condessa de Sobral est haut et bien fait. Il a du mal à se fixer et se déplace autour de la piste. Cid de Maria le laisse partir seul au cheval, avec un novillo qui repart aussitôt. La seconde rencontre est meilleure, avec un novillo qui pousse le cheval vers le centre de la piste. Ce sera la seule véritable pique. La faena est impossible avec un novillo qui serre, se retourne vite et se défend. Malgré les tentatives de Cid de Maria, il n’y a rien à faire.

Le second Condessa de Sobral est un joli jabonero qui a lui aussi du mal à se fixer. Tomas Bastos réalise une lidia correcte pour une petite pique, sans briller. Le novillero portugais donne le ton dès l’entame de faena. Il parvient à réaliser des séries complètes sur le pitón droit. À gauche, l’animal est difficile : il se défend et se retourne vite. Bastos essaie à plusieurs reprises mais doit revenir à droite pour signer de nouveaux derechazos. Travail sérieux avant de conclure par des manoletinas impactantes. Le Portugais porte une vilaine première épée qu’il tente de retirer aussitôt, avant une seconde, basse, guère plus esthétique.

Le troisième, un burraco plus modeste de gabarit, est parfaitement reçu par Julio Mendez, qui l’empêche de fuir. Bonne lidia avec deux piques où le novillo pousse modérément. Julio Mendez réalise une faena inégale, majoritairement droitière, où il parvient à imposer des séquences de bon niveau. Il ne parvient en revanche pas à dominer un animal moins coopératif sur le pitón gauche. Final par manoletinas avant une entière un peu basse qui fait effet : une oreille.

Le quatrième est sérieux. Il pousse avec intérêt sur la première pique mais ne parvient pas à réitérer sur la seconde. Dans le dernier tiers, le novillo transmet peu malgré des charges répétées. Cid de Maria tente de s’appliquer mais peu de choses à en tirer. Une vilaine épée traversante suivie d’une seconde et du descabello.

Cid de Maria face à son second novillo

Le cinquième Condessa de Sobral sort avec beaucoup de vitesse. Il saute directement en callejón en s’appuyant contre la barrera. Il pousse fort lors de la première rencontre mais ne confirme pas à la seconde, d’où il sort vite seul avant d’y repartir puis de ressortir. Ce sont à peu près les seules choses à retenir, la faena ne donnant rien avec un Tomas Bastos sans solution ni inspiration.

Le dernier est haut et joliment armé. Julio Mendez parvient à le garder dans sa cape avant de mener une lidia précise. Deux piques sans histoire. Le novillo offre des possibilités. C’est le bon pour l’Extremeño, qui s’accroche sous la pluie. Pas évident à toréer, le novillo met Mendez face à ses responsabilités, mais l’Espagnol s’accroche. Majoritairement à droite, il parvient à extraire des séries de bonne facture. Des efforts notables, même si tout n’est pas parfait, avant une épée très bien portée, en place, qui fait effet. Deux oreilles, accordées avec générosité, pour conclure la tarde.

Sortie en triomphe de Julio Mendez

6 novillos de Condessa de Sobral pour :
Cid de Maria : silence et silence
Tomas Bastos : silence et silence
Julio Mendez : une oreille et deux oreilles

Jean Dos Santos