Mugron : Intéressant retour des Coquilla de la Sanchez dans une après-midi difficile pour les novilleros

C’est sous un magnifique soleil et un thermomètre frôlant les 30 °C que la novillada de Mugron 2026 s’est déroulée dans les arènes de Condrette. L’affluence était correcte avec presque deux tiers d’arènes pour assister à un desafío ganadero entre les fers de Pablo Mayoral et celui de Coquilla de la Sánchez Arjona, qui faisait son grand retour en France et dans le circuit taurin.

Un programme alléchant qui a peiné à se confirmer en piste, avec notamment un début de course très décevant avec les trois exemplaires de Pablo Mayoral. Les pupilles du Campo Charro se sont arrêtés très vite, dès l’entame des faenas, excepté le premier qui avait un peu plus de mobilité, mais dont la torera Raquel Martín n’a pas su profiter. Un début de novillada décevant donc, où les aficionados ont patiemment attendu la seconde partie.

Les Coquilla de la Sánchez Arjona, disparus des radars depuis plusieurs saisons, réduisant leurs apparitions aux novilladas sans picadors de la région de Salamanque, faisaient leur retour dans le Sud-Ouest, une région où ils avaient connu leurs succès dans les années 2000. Les trois novillos de Coquilla ont amené de l’intérêt et du piquant à cet après-midi. C’est notamment au cheval que les trois novillos se sont tour à tour exprimés, poussant avec bravoure et intérêt, notamment le quatrième (trois rencontres) et le cinquième, que l’on aurait aimé revoir une troisième fois. Ils ont mis les novilleros à rude épreuve, peu habitués à ce type d’adversité. Il fallait métier, intelligence et précision dans la lidia pour pouvoir au minimum espérer s’en sortir.

À ce jeu-là, c’est Mario Vilau qui s’en est sorti le mieux. Le novillero catalan est dans le vrai, avec des lidias soignées et précises, et un sens du toreo intéressant, tant dans le placement que dans la construction de ses séries. Malgré des difficultés à dominer son novillo de Coquilla, qui aurait dû prendre une pique supplémentaire, Mario Vilau s’est employé pour rester à la hauteur d’un animal difficile. Ses efforts n’ont, à mon goût, pas été suffisamment reconnus par le public, qui accusait déjà le coup d’une longue après-midi jusque-là.

Derechazo engagé de Mario Vilau devant le Coquilla

Eduardo Ruiz de Velasco, torero raffiné et esthétique, fut dépassé dans la lidia de son premier adversaire. Hors du coup, il ne sut inverser la tendance lors de sa première sortie. Face à son second de Coquilla, il montra un meilleur visage, tant dans la lidia que dans son approche. Son placement, trop excentré, le fit reculer en début de faena, mais il rectifia le tir en entrant davantage sur le terrain de l’animal en seconde partie. Il parvint alors à tirer de bons passages pour finalement décrocher une petite oreille récompensant son entrega.

Naturelle de Ruiz de Velasco devant son coquilla

Raquel Martín n’a quant à elle pas été à la hauteur de l’événement. L’adversité était bien trop dure cet après-midi pour la torera, qui n’a pas réussi à se mettre à son avantage, tant dans la lidia que dans son toreo de muleta. Une sortie décevante pour Raquel Martín, qui est pourtant en piquée depuis 2021. Dommage, car c’était une bonne opportunité de relancer sa carrière.

Raquel Martin, doblon face au Coquilla

Toro a toro

Le premier novillo du fer de Pablo Mayoral est correct de présentation, de gabarit modeste. Réception accrochée de Raquel Martín, qui mène une lidia manquant de précision. Une seule pique avec un novillo qui pousse légèrement. La faena de Raquel Martín est très accrochée et inégale. Devant un novillo un peu fade mais coopérateur, elle ne parvient pas à trouver la distance et le temple. Raquel Martín tue d’une épée contraire basse efficace.

Le second novillo de Pablo Mayoral est plus massif, bien présenté. Réception appliquée et soignée de Mario Vilau, qui réalise deux mises en suerte impeccables. Deux piques bien dosées avec un novillo qui pousse. Dans le dernier tiers, le Pablo Mayoral est arrêté. Il charge sur quelques mètres après de multiples sollicitations de Mario Vilau. Le Catalan essaie de toréer passe par passe, mais cela ne fonctionne pas. Il tente de donner un peu de rythme pour finir par sortir quelques muletazos méritoires malgré une faena trop longue. Épée basse contraire efficace.

Le troisième Pablo Mayoral est bien fait. Il est très attentif à ce qui se passe autour. Ruiz de Velasco est surpris par la vitesse et les charges puissantes de l’animal. Il est absent de la lidia, laissant le novillo partir seul à deux reprises. La faena est délicate, avec un novillo de Pablo Mayoral arrêté, à l’image des deux précédents. Ruiz de Velasco parvient à tirer quelques muletazos corrects, mais le tout ne décolle pas. Une entière en avant au troisième essai et descabello au troisième essai.

Le quatrième est un Coquilla de la Sánchez Arjona, qui lance la deuxième partie. Le novillo est bien présenté. Il met Raquel Martín en difficulté, qui se met en retrait de la lidia, imprécise et incomplète. Trois piques avec un novillo qui pousse avec bravoure. La faena est décevante, car le novillo a des qualités, mais le manque de métier et de qualité de Raquel Martín lui fait défaut. L’Espagnole est trop souvent accrochée et ne parvient pas à dominer son adversaire, que ce soit sur le piton droit ou gauche. Elle conclut très laborieusement à l’épée en une dizaine de tentatives, plus quelques descabellos. Forte ovation pour le novillo à l’arrastre.

Le cinquième novillo, de Coquilla de la Sánchez Arjona, est bien fait mais aux cornes plates. Mario Vilau le reçoit à la cape avec application, mais le novillo se retourne assez vite et fait reculer le Catalan. Deux piques qui ne font pas broncher le novillo, qui proteste sous le fer mais ne s’enlève pas. Une troisième pique aurait été nécessaire. La faena est délicate, avec un novillo qui a du jus et qui ne s’arrête pas. Mario Vilau réalise un travail plein de valeur et de courage, où il parvient à tirer de bonnes séries à droite. Sur le piton gauche, le novillo se retourne trop vite et il est impossible pour le Catalan de lier malgré de multiples tentatives. La musique gâche l’ambiance avant de redonner au ruedo sa place après des séries en difficulté. Vilau revient à droite où il va sortir deux séries supplémentaires peu reconnues par le public, au prix d’une voltereta. Il tue au deuxième essai d’une entière un peu en arrière et basse qui fait effet. Bel effort de l’Espagnol, malheureusement pas récompensé.

Le dernier de Coquilla de la Sánchez Arjona n’est pas très beau, aux cornes mal faites par le bas. Ruiz de Velasco réussit parfaitement la réception à la cape avant de conduire l’animal pour deux bonnes piques où le novillo pousse bravement. La faena de Ruiz de Velasco est inégale, débordé en début de faena faute à un placement souvent fuera de cacho. Rappelé à l’ordre, il réussit à se recentrer pour tirer quelques bons muletazos. Le novillero n’abdique pas devant les difficultés de l’animal. Effort notable avant de conclure d’une belle épée engagée un peu en arrière, qui fait effet.

6 novillos de Pablo Mayoral (1, 2, 3) / Coquilla de la Sánchez Arjona (4, 5, 6) pour :

  • Raquel Martín : salut et silence après deux avis
  • Mario Vilau : silence et silence
  • Eduardo Ruiz de Velasco : silence après avis et une oreille après avis

Jean Dos Santos