Aire sur l’Adour : Novillada intéressante de Raso de Portillo, seule oreille pour Juan Molas

Les Arsouillos d’Aire-sur-l’Adour organisaient leur traditionnelle novillada du 1er mai avec, pour cette édition 2026, un lot de Raso de Portillo. Un programme alléchant qui a attiré un bon tiers d’arènes, avec un cartel inédit composé du Français Juan Molas, qui se présentait dans la cité aturine, et de deux Espagnols encore jamais vus en France : Cristian Gonzalez et Pedro Andrés.

La grande satisfaction de la tarde reste incontestablement le lot de novillos de Raso de Portillo. Intéressant dans son ensemble, brave au cheval pour plusieurs exemplaires et maniable dans la muleta, il a toutefois opposé suffisamment de caste pour mettre en difficulté des novilleros encore limités techniquement face à une telle adversité. On comptabilise un total de 16 piques, avec notamment un premier tercio exceptionnel lors du premier novillo, qui renversa la cavalerie à deux reprises. Une note globale très satisfaisante pour un lot exigeant, qui demandait davantage de métier.

Juan Molas a coupé l’unique oreille de l’après-midi, non sans difficultés. Mis en difficulté par ses deux adversaires, le Dacquois s’est accroché dans un registre peu habituel pour lui. En difficulté au moment de prendre la mesure de ses opposants, c’est finalement une bonne estocade portée à son second qui lui permet de décrocher le seul trophée du jour.

Juan Molas

Pedro Andrés a quant à lui montré de belles dispositions face à son lot. Très volontaire et appliqué, il a laissé entrevoir des qualités intéressantes malgré un manque d’oficio encore perceptible. Son approche, aussi bien dans la lidia que muleta en main, laisse présager de bonnes choses pour la suite. Sans deux échecs importants à l’épée, il aurait lui aussi pu prétendre à un trophée, notamment face à son premier adversaire.

Pedro Andrés

En revanche, la tarde fut plus délicate pour Cristian Gonzalez, qui ne parvint jamais à trouver le rythme de ses novillos de Raso de Portillo. L’Espagnol a vécu une longue après-midi, son manque de métier le mettant régulièrement en difficulté et l’empêchant de mettre en valeur ses adversaires. Une sortie décevante pour un novillero que l’on reverra dans le Sud-Ouest un peu plus tard dans la saison.

Toro a Toro

Le premier novillo portait le fer de El Quiñón, un bel exemplaire encasté qui prit quatre piques violentes. Le picador Jean-Loup Aillet chute dès la première rencontre, laissant son cheval diminué. La deuxième rencontre reste anecdotique, avant une troisième pique à nouveau mouvementée qui oblige Jean-Loup Aillet à quitter la piste avec sa monture. Gabin Rehabi le remplace pour une quatrième pique bien exécutée. Juan Molas réalise ensuite une faena délicate, peinant à dominer la caste de son adversaire. Il parvient par séquences à tirer quelques bons muletazos, mais recule trop souvent. L’épée est compliquée, avec de nombreuses tentatives avant que le novillo ne se couche.

Le deuxième novillo est bien présenté mais limité de forces. Il reçoit deux piques légères, avec des mises en suerte insuffisantes de Cristian Gonzalez. Le novillo n’est pas simple mais offre quelques opportunités. Cristian Gonzalez lutte pour arracher des muletazos sans jamais parvenir à réellement peser sur l’animal. Le bilan général reste insuffisant avant un maniement des aciers laborieux, ponctué de plusieurs pinchazos avant que le novillo ne finisse par se coucher.

Cristian Gonzalez

Le troisième novillo est bien présenté, dans le même type que le précédent. Il reçoit trois piques bien placées, dont une depuis le centre du ruedo. Pedro Andrés signe un bon début de faena. Malgré son expérience limitée, sa détermination lui permet d’obtenir des passages intéressants. Effort notable du novillero, qui parvient à mettre en avant les qualités du novillo. Il tue d’une épée engagée mais très mal placée, qu’il retire aussitôt. Le mal étant fait, le novillo tombe et le torero s’excuse.

Le quatrième porte également le fer de El Quiñón. Juan Molas le place correctement pour deux bonnes piques de Gabin Rehabi. Le Français réalise une faena de bon niveau face à un novillo doté de moteur et de qualités. Juan Molas parvient à lier plusieurs séries notables, parfois limitées toutefois par un manque de transmission et un placement irrégulier. Il conclut d’une épée entière d’effet rapide. Une oreille, légèrement généreuse, lui est accordée.

Le cinquième novillo, toujours bien présenté, prend trois bonnes piques. Il s’emploie particulièrement lors de la première rencontre ; les deux suivantes sont moins vibrantes mais restent intéressantes. Mobile et doté de qualités, il offrait des possibilités. Cristian Gonzalez ne semble toutefois jamais en confiance. Il tente de surnager, mais son manque de métier se fait sentir. Il ne parvient jamais à prendre le dessus sur un novillo pourtant intéressant. Conclusion laborieuse.

Le dernier novillo est bien présenté mais moins homogène que le reste du lot. Il reçoit deux piques sans réellement briller sous le fer. La faena de Pedro Andrés se montre à nouveau volontaire, mais manque de transmission et d’éclat. Le Basque fait l’effort et compose avec ses armes. À l’épée, nouvelle déconvenue avec plusieurs échecs avant une demi-lame finalement suffisante.

6 novillos de Raso de Portillo / El Quiñon (1/4) pour
Juan Molas : silence après avis et une oreille
Cristian Gonzalez : silence après avis et silence après avis
Pedro Andrés : silence et silence

Aurélien Dufau