Arzacq : Julio Martin triomphe en ouverture de la Temporada 2026

Le temps était printanier dans la ville béarnaise en ce début de temporada. Même si les arènes sont couvertes, c’est toujours un plaisir d’aller aux toros dans ces conditions.

Erales de Sepúlveda de Yeltes hétérogènes de présentation : les deux premiers faibles, les troisième et dernier de très beau jeu.

Armando Rojo débute par larga de rodillas face à un premier eral noble mais juste de forces. Il répond au quite par gaoneras de García par un quite par crinolinas. Le Sévillan essaye de tirer le meilleur de son novillo dans une entame de faena aidée par le haut, mais celui-ci a tendance à serrer. L’œuvre a du mal à décoller, le novillero étant souvent accroché ; il doit faire des efforts pour être très doux et laisser de la distance au bicho. Une bonne série de derechazos et des naturelles de face, pieds joints, sont à retenir. La faena est très longue et va a menos. Entière après une estocade en arrière et sur le côté.

Armando Rojo

La muleta est accrochée à gauche, le diestro essaie de composer la figure mais les passes sont données trop brusquement et rapidement ; il se fait accrocher. Là encore la faena est très longue et mal conclue à l’épée.

Daniel García accueille son eral, brocho, mais mieux présenté que le premier, par une belle entame templée. Le novillo a plus de force mais il est distrait dans les deux premiers tiers. Il brinde au public, sa cuadrilla laissant partir l’eral. Le Madrilène est désarmé par doblones. Il s’en sort par une faena classique face à un opposant qui serre de plus en plus. Aidées par le haut en fin de faena, elle arrive assez peu à porter sur le public. Conclusion avec une épée en arrière et contraire.

Daniel Garcia

Le cinquième eral de la tarde est très bien présenté ; il ne fait pas mentir le dicton « no hay quinto malo ». La muleta est efficace, il gagne le centre avec l’eral et fait sonner la musique. Le Madrilène est désarmé après une jolie série de naturelles. La faena est propre même si les détails ne restent pas gravés en mémoire. Une bonne estocade après une demie épée et un pinchazo.

Le métier de Julio Martín (apodo de Jules Dujols) est inversement proportionnel à son manque d’oficio. Il accueille très sereinement à la cape un novillo d’un beau trapío et très mobile. Brindis au public après un quite de Rojo par mariposas. Il débute la muleta à mi-hauteur et cite de loin par derechazos. Le Landais est un peu tendu mais, sous les conseils avisés de son maestro, il arrive à se relâcher complètement, à baisser la main et à donner les plus belles passes de l’après-midi. Très à gusto des deux côtés, il finit sa faena par des redondos très toreros. Grosse entière un peu en avant et deux oreilles méritées pour lancer le début de sa carrière.

Julio Martin

Le dernier est un joli novillo negro bragado. Le torero commence sa faena de manière heurtée ; il est désarmé sur la droite mais il arrive à reprendre ses esprits et à dominer le novillo. Il donne des derechazos templés et profonds, pleins de personnalité et, il faut le dire, assez rares à ce niveau, ce qui fait sonner la musique. Il est encore à gusto et très à son aise. L’œuvre est conclue par bernardinas. Malheureusement l’épée n’est pas au rendez-vous : un tiers d’épée concluant après trois pinchazos. Un jeune novillero qui confirme l’excellente impression donnée à Rion-des-Landes l’an dernier.

6 erales de Sepúlveda de Yeltes (Salamanque), pour :

  • Armando Rojo, de Séville (ivoire et vieil or) : silence après un avis / silence après deux avis
  • Daniel García, de Madrid (violet et or) : silence / salut après un avis
  • Julio Martín, de l’école taurine Adour Aficion (blanc et argent) : 2 oreilles / applaudissements après un avis

3/4 d’arènes — Arènes couvertes

Juan Medina