A Barbastro, dans la province d’Aragon près de Zaragoza, les arènes y sont atypiques avec une partie en dur, et une partie démontable qui complète l’édifice déjà existant. Une terre de toros, où l’on y propose, en général, des corridas sérieuses, à l’image de la corrida de Palha de ce Mardi 8 août 2026.

Le premier toro de Palha présente un joli trapío, mais manque de remate et surtout de forces. Le second se montre plus avisé, avec davantage de mobilité que son prédécesseur et une tête commode. Le troisième affiche un trapío moins imposant, mais met davantage la tête et paraît plus disposé à l’embestida. Le quatrième est un toro homogène, bien fait, avec un trapío équilibré et du remate. Le cinquième rappelle le premier par son trapío. Enfin, le dernier est celui qui embiste le mieux, laissant entrevoir les meilleures possibilités du lot.
Sánchez Vara accueille son premier adversaire par quelques séries de cape avant que le toro ne prenne une pique. Le maestro pose lui-même les quatre paires de banderilles avec beaucoup de maîtrise. Les derechazos sont exécutés avec douceur et application. Malgré ses efforts, le torero semble déçu des possibilités offertes par son adversaire. Une partie du public va même jusqu’à demander que le toro soit tué. Le maestro est finalement applaudi pour son engagement à l’épée, avant que le toro ne tombe après l’estocade.

Face au second de son lot, le maestro réalise quelques séries appliquées à la cape avant de signer un joli quite. Il prend ensuite les banderilles et offre au public la dernière paire. La faena débute à genoux et suscite rapidement la demande de la musique. Menée au centre de l’arène avec joie et générosité, elle se révèle agréable et plaisante. Les naturelles, d’une grande profondeur, rappellent celles réalisées la veille lors du festival de Pareja. La première épée est efficace. La pétition enfle dans les gradins et le mouchoir finit par tomber, accordant au torero le trophée demandé par le public.
Damián Castaño est applaudi dès ses premières séries à la cape. Au cheval, le toro pousse par à-coups lors d’une rencontre assez spectaculaire. Dans sa fougue, il va même jusqu’à démonter une partie des planches du burladero, suscitant la surprise des spectateurs. La faena se déroule à mi-hauteur dans les premières séries, tandis que la musique retentit dans les arènes. Le torero signe de jolies naturelles avant de conclure par des desplantes sans muleta. Malheureusement, l’épée n’est pas au rendez-vous. Il se blesse même lors de l’exécution du descabello. À l’arrastre, le toro est chaleureusement applaudi, tout comme, avec humour, le menuisier appelé à réparer les dégâts causés par l’animal.

Le cinquième toro est accueilli par les applaudissements du public. Damián Castaño exécute quelques véroniques dominatrices avant une longue pique bien portée. Le toro pousse avec force, tandis que le picador parvient à contenir sa charge. Bien placé, le maestro domine ensuite les attaques de son adversaire et recueille les applaudissements des gradins. Les naturelles, en revanche, restent davantage sur le passage et manquent de profondeur. Conscient des limites de son opposant, il abrège le combat pour prendre l’épée. La première est mal fixée, tandis que la seconde, entière, s’avère plus efficace. Le toro finit par s’effondrer près du toril.
Au moment de l’attribution des trophées, le palco cède à une partie du public en accordant une oreille, tandis qu’une autre partie des spectateurs proteste en criant « ¡Fuera! ». Le toro, quant à lui, est applaudi à l’arrastre.
Diego García signe quelques séries à la cape qui permettent d’apprécier un toro mettant bien la tête. La première pique, prise au centre, est de bonne facture et vaut au picador les applaudissements d’une partie du public. La musique retentit rapidement au début d’une faena menée au centre de la piste. Cependant, au fil des passes, le toro s’éteint progressivement, à moins que le torero ne parvienne pas à trouver le sitio adéquat pour l’exploiter pleinement. Deux pinchazos précèdent la mise à mort, sous le regard d’un public bienveillant qui encourage les tentatives du matador.

Pour l’ultime toro de la tarde, la musique accompagne l’entrée en scène du maestro, auteur d’une jolie série de chicuelinas. Le toro fuit lors de la première rencontre au cheval. À la seconde, il fait tomber la monture avant de se relever et de pousser quelque peu. Le torero dédie alors son combat au maestro Sánchez Vara. Malgré les possibilités offertes par son adversaire, la faena manque de clarté et se révèle brouillonne. Les desplantes, trop nombreux, prennent le pas sur le toreo de fond. Une demi-épée vient finalement conclure cette dernière prestation.
Président : Fernando Torres Chavarria
Cuadrilla : Bonijol
Piques : 8
Public : un quart d’arène
Barbastro, Mardi 8 septembre 2026
6 toros de Palha pour
Sánchez Vara : silence et une oreille
Damián Castaño : silence et une oreille
Diego García : silence et silence avec avis
Nicolas Couffignal
