La Feria de Dax 2026 a débuté doucement ce mercredi 12 août, avec des arènes qui affichaient le « no hay billetes » à l’heure du paseo. Une ouverture de Feria timide pour le retour des toros de El Freixo, qui avaient fait le bonheur des aficionados dacquois l’an dernier. Une attente forcément très forte à l’issue du paseo, avec un public qui a invité les trois toreros à saluer.
Mais malheureusement, la corrida n’est pas une science exacte. Cette année, les toros de El Freixo n’ont pas donné satisfaction aux aficionados et c’est sur notre faim que nous sommes sortis des arènes. La première chose est notamment la décevante présentation des toros amenés par El Juli à Dax. Les quatre premiers n’avaient en aucun cas le trapío et les armures requises pour une arène de première catégorie. En revanche, les deux derniers ont montré plus de présence et de certitude, avec deux exemplaires bien faits et correctement armés.
Dans le comportement, les toros du Freixo sont sortis avec une homogénéité sans faille. Tous ont montré de la mobilité et ont chargé dans les muletas des toreros. Mais leur manque cruel de fond et de transmission a contraint les toreros à s’employer au-delà du nécessaire pour tenter de donner de l’émotion à un public dans l’attente.

Daniel Luque a d’ailleurs fait les frais du manque de saveur des toros du jour. Avec un public exigeant envers le torero de Gerena, Luque a dû s’employer, sortir de sa zone de confort pour tenter de renverser la situation de son côté. De la variété, il a tenté d’en apporter muleta en main avec une deuxième faena empreinte de détails et de passes inventées. Pas suffisant malgré tout, avant que les luquecinas finales fassent enfin basculer les choses du bon côté. Une oreille décrochée au prix d’un bel effort pour contenter tout le monde.
Borja Jiménez a lui aussi décroché une oreille. Malgré une prestation moins aboutie, il a compensé avec un excès d’envie et d’engagement, notamment au moment d’aller recevoir son second toro à puerta gayola. Une après-midi où le Sévillan fut professionnel, mais où sa faena manquait un petit peu de profondeur, toutes proportions gardées, faute à une adversité qui ne l’a pas aidé.

Marco Pérez pourra regretter son manque d’efficacité à l’épée au terme de cette après-midi dacquoise. Le jeune torero a montré l’étendue de sa palette, et on a notamment apprécié le moment où il est allé défier Daniel Luque au quite. Un petit duel qui s’est soldé par une poignée de main entre les deux hommes. Un quite qui démontre à lui seul la bonne volonté de Marco Pérez, qui continue de progresser et de se montrer au niveau des attentes placées en lui. Il donna sûrement la meilleure faena de la tarde face au troisième toro, lui aussi le meilleur de l’après-midi. Variété, inspiration et quelques prises de risque mesurées ont offert une prestation intéressante et entraînante de bout en bout. Il fit également l’effort face au dernier, dénué de transmission, devant lequel il dessina notamment quelques naturelles de face de bon goût. Une tarde positive qui aurait pu être triomphale si l’épée avait été au rendez-vous. On apprécie l’attitude du garçon…

Toro a toro
Le premier toro de El Freixo est juste de présentation, de petit gabarit et aux armures peu esthétiques. 2 piques. Le toro est réservé et quelque peu sur la défensive. Daniel Luque tente de le faire rompre. Il sert une faena professionnelle, mais ça ne prend pas. Une entière qui fait effet pour conclure.
Le second toro de El Freixo est mal présenté, notamment à cause d’armures trop justes pour la catégorie de l’arène et d’un gabarit léger. 2 piques légères. Borja Jiménez entame sa faena avec de bons doblones qui cadrent le toro. L’Espagnol réalise un bon début de faena sur le pitón droit. Le toro est noble et se laisse toréer. À gauche, la charge de l’animal est moins fluide, avec moins de qualité. Borja Jiménez revient à droite, où il parvient à allonger un peu plus la charge du toro en l’enroulant autour de lui. Faena de bonne facture avant deux échecs à l’épée qui plombent le bilan. Il tue d’une bonne demi-lame en place suffisante.
Le troisième toro est un peu plus imposant que les deux premiers, mais aux armures toujours insuffisantes pour la plaza. 2 piques légères. Duel au quite entre Daniel Luque, par chicuelinas, et Marco Pérez, avec le capote dans le dos et tournant avec l’animal. Un duel qui se termine par une poignée de main. Marco Pérez débute sa faena au centre de la piste par des passes changées dans le dos, suivies de derechazos à genoux. Marco Pérez donne le ton à ce qui va être une excellente faena. Le Salmantin met beaucoup de variété sur chaque pitón, avec notamment une arrucina ou des passages à genoux qui servent son travail dans le bon sens. Malgré sa noblesse, le toro manque de transmission, mais le poids de Marco Pérez fait la différence. Il tue d’une entière portée a recibir en plein centre du ruedo. Honorable ! Mais l’épée est basse et verticale et nécessite le descabello. Dommage, car Marco Pérez avait fait une excellente prestation.

Daniel Luque soigne la réception du quatrième, supérieur de présentation aux trois premiers. 2 piques. La faena débute par des passes variées de Luque près des planches. L’Espagnol réalise un vrai travail technique face à un animal qui est noble, mais aux charges dénuées d’émotion. Le torero de Gerena fait tout le travail, en variant son toreo et en tentant de faire suivre le toro au maximum. Il parvient à mettre le public, un peu froid, dans sa poche grâce à des luquecinas de clôture où il ne cède quasiment aucun terrain au toro. Il tue d’une entière plutôt en place, efficace. 1 oreille.
Le cinquième toro est un magnifique exemplaire que va accueillir à la puerta de chiqueros Borja Jiménez. Il sert de nombreuses chicuelinas à un toro qui a du mal à se fixer dans la cape. 2 piques, avec un toro difficile à fixer. Borja Jiménez réalise une faena volontaire où il tente d’allonger au maximum la charge du toro. L’animal est mobile, mais manque cruellement de transmission. La faena de Borja Jiménez reste malgré tout beaucoup construite sur les extérieurs. Il tue d’une entière au second essai. 1 oreille généreuse accordée par un président facile à convaincre.
Le dernier toro de El Freixo est bien présenté et difficile à cerner. Il prend 2 piques en poussant sur la première avec intérêt. Marco Pérez doit composer avec un toro qui n’offre aucune transmission. Malgré de la mobilité et des charges, c’est Marco Pérez qui doit à nouveau s’employer pour tenter de donner de l’émotion. Il sert de bonnes naturelles de face en fin de faena. 1 entière en arrière pour conclure la tarde.
Dax, Mercredi 12 août 2026
6 toros de El Freixo pour
Daniel Luque : silence et une oreille après avis
Borja Jiménez : silence et une oreille
Marco Pérez : salut après avis et silence
Jean Dos Santos
