Le monde taurin français est en deuil. Alain Montcouquiol, connu sous le nom de « Nimeño », s’est éteint ce jeudi 5 novembre 2026 à l’âge de 81 ans. Ancien torero, écrivain et frère aîné de Christian Montcouquiol, l’illustre Nimeño II, il laisse derrière lui une empreinte profonde dans l’histoire de la tauromachie française.
Auvergnat de naissance, Alain Montcouquiol appartient à cette génération de pionniers qui ont ouvert la voie aux toreros français dans un univers alors largement dominé par les Espagnols. Animé par le rêve de devenir matador de toros, il avait pris la direction de l’Espagne aux côtés de Simon Casas pour tenter de se faire une place dans le mundillo taurin.
Une aventure faite de rencontres, de difficultés et d’expériences atypiques, notamment autour de Madrid et dans le reste de la péninsule Ibérique. À une époque où les Français peinaient encore à trouver leur place dans les cartels espagnols, Alain Montcouquiol et Simon Casas avaient entrepris de franchir les frontières pour poursuivre leur passion et leurs ambitions.
Un parcours de précurseur qui allait notamment ouvrir la voie à son jeune frère Christian, futur Nimeño II, dont Alain accompagnera étroitement l’ascension et la carrière. Bien plus qu’un simple accompagnateur, il sera l’un des témoins privilégiés de cette aventure humaine et professionnelle hors du commun, qui conduira Nimeño II au sommet de la tauromachie française.

Mais cette histoire fraternelle connaîtra une issue tragique. Gravement blessé en piste en 1989, Nimeño II mettra fin à ses jours en novembre 1991. Un drame qui marquera profondément Alain Montcouquiol et l’ensemble de l’afición française.
Quelques années plus tard, en 1998, Alain choisira de prendre la plume pour rendre hommage à son frère en publiant Recouvre-le de lumière. Dans cet ouvrage particulièrement personnel, il revient sur leur relation fraternelle, leur passion commune pour les toros, mais également sur son propre parcours, ses rêves et les difficultés rencontrées au cours de cette aventure espagnole. Un témoignage devenu une référence de la littérature taurine française, bien au-delà du simple récit biographique.

Malgré la disparition de son frère, Alain Montcouquiol n’avait jamais véritablement quitté le monde des toros. Toujours attaché à la transmission et à l’accompagnement des nouvelles générations, il avait notamment pris en charge la carrière du jeune Thomas Joubert « Tomasito » durant plusieurs saisons, poursuivant ainsi son engagement auprès des toreros français.
Avec la disparition d’Alain Montcouquiol, la tauromachie française perd l’un de ses pionniers, mais également un homme dont le destin restera indissociable de celui de son frère. Deux parcours liés par une même passion, des ambitions communes et une histoire fraternelle aussi exceptionnelle que douloureuse.
Alain Montcouquiol aura contribué, à sa manière, à écrire les premières grandes pages de la tauromachie française moderne. Son parcours, son engagement et ses écrits resteront comme les témoignages précieux d’une époque où quelques passionnés osaient rêver d’une place pour les toreros français dans les grandes arènes espagnoles.
Mundillo Taurino adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de ceux qui ont partagé son parcours.
Jean Dos Santos
