Ce dimanche 20 septembre 2026, Marco Perez va réaliser son premier paseo en solitaire dans les arènes de Nîmes, à l’occasion de la féria des Vendanges. Le natif de Salamanque, devenu matador il y a tout juste un an, affrontera les toros de Jandilla, Victoriano del Río, El Pilar, Juan Pedro Domecq, Santiago Domecq et Pagès-Mailhan.
Le jour de l’annonce des cartels, il avait répondu à quelques questions de Mundillo Taurino, posées dans la foulée de l’officialisation de son encerrona.
Marco, quel est ton sentiment après l’annonce de cette corrida en solitaire à Nîmes ?
« En ce moment, je suis très heureux, avec une immense excitation après que mon encerrona à Nîmes a été officiellement annoncée. Comme je le disais, Nîmes est une ville qui, depuis mon alternative, le 6 juin 2025, est très fortement liée à ma carrière, et je suis certain qu’elle le restera encore pendant de nombreuses années.
J’y ai vécu, je crois, parmi les plus belles prestations de ma courte carrière, celles au cours desquelles j’ai exprimé le plus de passion. Le jour de mon alternative, notamment, j’ai fini par fondre en larmes après avoir tué le dernier taureau.
Puis, en septembre, j’ai également pu couper la queue à mon dernier taureau au milieu d’un très violent déluge. Malgré cela, ce qui m’a surpris, c’est de voir que tous les aficionados présents à la corrida étaient restés à leur place, sans bouger de leurs sièges, malgré, comme je le dis, des conditions météorologiques épouvantables.
Et puis, en mai, je crois que nous avons atteint l’apogée, avec également la queue coupée au taureau de Freixo, du Maestro Juli. Je crois que c’est l’une des faenas les plus belles et les plus sincères que j’aie pu réaliser jusqu’à présent.
C’est pourquoi je pense qu’il n’y avait pas de meilleur endroit pour affronter six taureaux, pour ma première encerrona en tant que matador de toros, que Nîmes. Je m’y sens très compris et très apprécié par son public, et, de la même manière, j’ai pour lui une immense affection. »

Quand on pense à une corrida en solitaire à Nîmes, on pense à José Tomás. Tu n’as même pas 19 ans et tu vas déjà faire cette corrida en solitaire à Nîmes, alors que d’autres ont dû attendre d’être beaucoup plus âgés. Est-ce que cela te met une pression particulière ?
« Oui, en partie. En soi, je pense que cette matinée implique une pression et une responsabilité très fortes, pas seulement, comme je le dis, en raison de l’engagement que représente le fait de tuer six taureaux, mais plutôt parce que je ressens le besoin de rendre quelque chose à un public qui m’a offert tant de belles après-midis, qui m’a procuré des sentiments et des émotions très intenses.
Et c’est pour cela que je pense qu’il est très difficile d’être à la hauteur d’une journée de cette envergure. Donc, bien sûr, je me sens très responsabilisé, avec pas mal de pression, comme tu le dis très justement.
J’ai déjà affronté seul six novillos à Madrid lorsque j’étais novillero, ce qui avait également été une après-midi très difficile, mais très belle. Et celle-ci sera ma première encerrona en tant que matador de toros.
Malgré cela, je pense que ce genre de journées ne doit pas se mesurer uniquement à l’aune de la technique, même si je crois qu’elle est très importante pour pouvoir les surmonter. Il faut plutôt considérer l’état d’esprit, la préparation mentale que l’on met en place dans les jours précédents, dans les mois précédents, et surtout la passion et l’engagement avec lesquels on aborde la corrida.
Je crois que lorsque l’on est prêt à se donner sans limite, à se vider complètement dès que l’on sort de l’hôtel, on laisse la technique et cette pression derrière soi. Et c’est alors que les belles choses surgissent véritablement. »

Entre une corrida en solitaire à Madrid comme novillero ou une corrida en solitaire à Nîmes comme matador, que préfères-tu ?
« Ce sont deux arènes très différentes. Je garde de l’encerrona de Madrid un souvenir très affectueux, même si cela avait été une après-midi très dure et très difficile en raison de toutes les circonstances qui s’étaient présentées.
Mais je la considère comme l’une des plus belles journées de ma courte carrière, comme je le dis, en raison de l’émotion et surtout de ce qu’elle m’a apporté intérieurement : voir que j’étais capable d’assumer un défi d’une telle ampleur.
Bien sûr, je considère qu’avec Nîmes, j’ai créé, comme je l’ai dit précédemment, un lien totalement différent. Je la ressens comme l’une de mes principales arènes, celle où je me sens le plus aimé et le mieux compris par son public. Et puis, je pense qu’avec le Colisée, c’est un cadre idyllique pour pratiquer le toreo.
Voilà, celle de Madrid est désormais passée et maintenant, je me concentre sur celle de Nîmes, qui est celle qui se présente à moi. »
Maxime Gil
