Rion des Landes : Iñigo Norte s’impose et coupe l’unique oreille de la novillada de Camino de Santiago

Rion des Landes organisait sa traditionnelle journée taurine ce dimanche 23 août 2026, avec cette année une novillada sans picadors de Camino de Santiago. Celle-ci faisait suite à une longue dynastie Valdefresno et à la famille Fraile, qui a fourni le bétail des novilladas de Rion pendant plus de vingt ans.

Pour cette édition 2026, on comptabilisait un peu plus d’une demi-arène, avec un cartel composé des deux Français Léo Pallatier et Matias, aux côtés de l’Espagnol Iñigo Norte, dont le frère Julio est bien connu dans notre région.

Une cuvée 2026 pas totalement convaincante, tant les différents éléments n’ont pas réussi à se mettre en ordre. Les six erales de Camino de Santiago sont sortis d’un gabarit plutôt modeste, à l’exception du dernier, plus charpenté. Le manque de force et la race limitée du bétail n’ont pas facilité la tâche de novilleros encore verts, en recherche d’esthétisme et de toréabilité. Mais l’exercice fut difficile, chacun devant composer avec ses propres armes et avec des erales au train avant défaillant pour les trois derniers.

Iñigo Norte

Iñigo Norte a marqué la différence avec ses compagnons de cartel. Elle s’est notamment faite dans une attitude très novillera, mettant de l’enthousiasme et de l’alegría. Norte est en avance et cela s’est vu. Il fut en capacité de régler, au fur et à mesure, les problèmes posés par ses adversaires, notamment leurs charges parfois violentes, avant de profiter de leur fond de noblesse. S’il n’avait pas pêché à l’épée, c’est a hombros qu’il aurait quitté les arènes de Rion des Landes. Il conclut finalement la tarde avec l’oreille du dernier.

Léo Pallatier a livré une tarde intéressante, où l’on a pu mesurer les progrès réalisés par le jeune novillero. Il a montré de l’assurance et une certaine esthétique qui, pour le coup, ne fut pas au détriment de la profondeur devant son premier eral. Il toréa dans le bon sitio un animal noble et intéressant sur les deux bords, que le Français sut exploiter. Il échoua toutefois à l’épée et perdit ainsi le bénéfice de sa faena. Face à son second, il dut davantage inventer une faena devant un animal quasiment invalide.

Léo Pallatier

Matias a vécu une après-midi contrastée à Rion des Landes. Face à un lot manquant de force et parfois violent dans ses charges, l’Arlésien n’a pas réussi à composer avec ces contraintes. Malgré une envie et une application bien réelles, le manque de bons terrains et de distances l’a empêché de réellement s’imposer face à des erales qui sont allés a menos à chaque envoi.

Novillo a novillo

Léo Pallatier ouvre la tarde devant un eral de Camino de Santiago, léger mais bien armé. Accueil par de jolies véroniques du Français. Matias réalise ensuite un quite par tafalleras propre. L’eral possède des qualités mais se montre difficile à fixer. Léo Pallatier réalise une bonne faena, accompagnant parfaitement la charge de l’animal. Toujours dans un excellent sitio, il profite très bien des deux cornes, sans parvenir toutefois à régler totalement la violence de l’eral. Un travail intéressant, malheureusement conclu par une épée de côté qui lui fait perdre l’oreille. Vuelta.

Matias hérite du second de Camino de Santiago, armé et limité en forces. Il a du mal à se fixer dans la cape de l’Arlésien. La faena est très inégale, avec des séries qui manquent de liant et un torero à la recherche du sitio juste. Malgré ses efforts, il ne parvient pas réellement à s’imposer devant un eral manquant de race. Une belle entière au cinquième essai sera toutefois suffisante pour en finir. Silence après avis.

Iñigo Norte hérite du troisième, de petit gabarit. L’animal a du mal à se fixer dans la cape de l’Espagnol, qui parvient tout de même à tirer de jolies véroniques. Norte montre rapidement sa supériorité technique et son style devant un eral d’une grande noblesse. L’Espagnol allonge sur les deux bords, offrant ainsi une faena vibrante et qui porte sur le public. On pourra signaler un toreo beaucoup construit sur le passage, mais la faena d’Iñigo Norte reste bonne. Il tue d’une demi-lame au second essai, avec l’aide du descabello. Vuelta.

Léo Pallatier hérite du quatrième eral, quasiment invalide avec une patte avant en délicatesse. Le torero dessine des muletazos à mi-hauteur afin de tenter de maintenir l’eral debout. Une faena à l’intérêt limité, faute d’adversité. Léo Pallatier cherche à masquer l’impossible. Dommage que l’eral n’ait pas été changé. L’épée touche les poumons et est foudroyante. Salut.

Le cinquième eral de Camino de Santiago est également juste de forces. Matias est brusque à la cape et la réception est hachée. Bon quite intelligent d’Iñigo Norte par tafalleras. Matias ne parvient pas à s’adapter à un eral juste de race. Il donne de nombreuses passes mais ne parvient pas véritablement à lier. La faena est plus longue que nécessaire, avec un écho très limité. Matias tue d’un trois-quarts de lame verticale qui nécessite le descabello. Silence après avis.

Le dernier eral de Camino de Santiago est bien présenté. Il manque lui aussi de force, contraignant Iñigo Norte à s’adapter. L’Espagnol compose avec un eral doté de moteur et difficile à arrêter. Il fait le travail pour tenter de le canaliser. Il met du temps, mais parvient finalement à s’imposer devant son adversaire. Il tue d’une épée au deuxième essai et décroche une oreille méritée pour l’ensemble de sa tarde.

6 erales de Camino de Santiago pour :
Léo Pallatier : vuelta et salut
Matias : silence après avis et silence après avis
Iñigo Norte : vuelta et une oreille

Jean Dos Santos