Arles : Andrés Roca Rey et Marco Pérez, triomphateurs de la Goyesque 2026

Les arènes d’Arles accueillaient la traditionnelle corrida goyesque pour ouvrir la Féria du Riz 2026. Une corrida qui aura mis du temps à véritablement prendre son envol avant de s’animer dans sa seconde moitié. Inégale, la corrida de Jandilla a globalement manqué de fond, de race et de transmission, même si quelques exemplaires ont offert davantage de possibilités.

Andrés Roca Rey est sorti en triomphe après avoir coupé les deux oreilles et la queue du cinquième, au terme d’une faena qui a pris une tout autre dimension après une impressionnante voltereta. Revenu immédiatement face au toro, le Péruvien a fait chavirer les tendidos par son engagement et sa puissance. Marco Pérez a livré la prestation la plus régulière de l’après-midi, coupant deux oreilles à son premier adversaire avant de tirer le maximum d’un sixième plus exigeant. Juan Ortega a laissé quelques détails de son toreo élégant et personnel, mais sans parvenir à faire véritablement décoller ses deux faenas face à des adversaires manquant de transmission.

Toro a Toro

Juan Ortega ouvre les débats avec une réception au capote de bon goût, conclue par plusieurs véroniques soignées. Le premier Jandilla prend deux piques avant un bon quite par chicuelinas de l’Andalou. Après un tercio de banderilles approximatif, Ortega brinda son adversaire au public. L’entame, genou fléchi en gagnant progressivement le centre de la piste, porte sa signature. Mais la faena ne décollera jamais véritablement. Ortega tente de construire dans son style, avec douceur et esthétique, face à un toro qui manque de transmission et ne permet pas de donner davantage d’intensité à l’ensemble. Une épée tombée mais efficace libère la première oreille de l’après-midi, une récompense généreuse.

Le deuxième Jandilla est discrètement lidié par la cuadrilla de Roca Rey et le tercio de banderilles se montre une nouvelle fois approximatif. Le Péruvien brinda au public avant une entame par statuaires, immobile, terminée par une passe dans le dos et un bon remate qui réveille les tendidos. La suite est plus compliquée. Le toro manque de forces et surtout de fond, empêchant la faena de prendre véritablement son envol. Roca Rey fait malgré tout l’effort et arrache plusieurs séries sur les deux cornes en réduisant progressivement les terrains. Une entière efficace lui permet à son tour de couper une oreille.

Belle naturelle aidée de Roca Rey ©Christine Nuel

Marco Pérez soigne particulièrement la réception du troisième, d’abord genoux à terre puis pieds joints, avant de conclure par une belle demi-véronique. Le Salmantin s’applique également dans la lidia, conduisant son adversaire au cheval par chicuelinas marchées. Il le place de plus loin pour la seconde rencontre et Puchano réalise deux bonnes piques. Le tercio de banderilles est également réussi. Marco Pérez débute sa faena au centre de la piste par une passe par cambio avant d’enchaîner genoux à terre, faisant immédiatement monter l’intensité dans les gradins. Les premières séries sont importantes. Le Jandilla répète sur les deux cornes et Marco le torée avec rythme et autorité. L’animal baisse progressivement d’intensité, obligeant le jeune matador à réduire les terrains pour maintenir la faena. Une prestation complète et importante, conclue par une grande entière engagée. Deux oreilles sont accordées à Marco Pérez tandis que le toro est honoré d’une vuelta al ruedo.

Le quatrième Jandilla est immédiatement renvoyé après s’être cassé une corne contre un burladero à sa sortie. Il est remplacé par un sobrero de Román Sorando. Noble mais dépourvu de véritable race et de transmission, le toro change régulièrement de rythme et offre finalement peu d’options.

Le cinquième est reçu discrètement au capote par Andrés Roca Rey. Le toro pousse lors de la première rencontre et est bien piqué à deux reprises. Le Péruvien réalise ensuite un bon quite avant un tercio de banderilles réussi. Roca Rey lance sa faena à genoux au fil des planches avec notamment deux passes inversées dans le dos, extrêmement serrées, qui font immédiatement monter la température dans les gradins. Le Péruvien construit ensuite une bonne faena sur les deux cornes avant de subir une impressionnante voltereta. Accroché par le costume, Roca Rey reste de longues secondes à la merci du toro sans parvenir à se dégager. L’action fait basculer la faena. Il revient immédiatement face à son adversaire sous l’ovation d’un public debout et totalement acquis à sa cause. Roca Rey impose alors puissance et autorité dans plusieurs séries qui mettent les tendidos en ébullition. Une grande estocade vient conclure son œuvre. Deux oreilles et la queue sont accordées au Péruvien, tandis que le toro est primé d’une vuelta posthume.

Derechazo à genoux de Marco Pérez ©Christine Nuel

Marco Pérez n’a toutefois pas dit son dernier mot et accueille le jabonero qui ferme la tarde à porta gayola. Alberto Sandoval réalise une bonne prestation à la pique avant que Marco ne brinda son adversaire à son compagnon de cartel Roca Rey. Il débute par statuaires au fil des planches. Face à un toro plus exigeant, à l’affût de la moindre erreur, le Salmantin cadre intelligemment sa faena. Fidèle à son concept, il réduit les terrains et va chercher le toro entre les cornes, parvenant à tirer le maximum d’un adversaire qui demande beaucoup de précision. Marco Pérez conclut par manoletinas, mais deux pinchazos viennent gâcher une prestation qui aurait pu lui permettre d’ajouter de nouveaux trophées. Silence.

6 toros de Jandilla / Roman Sorando (4° bis) pour
Juan Ortega : oreille et salut
Andrés Roca Rey : oreille et 2 oreilles et la queue
Marco Pérez : 2 oreilles et silence après avis

La Rédaction