Pour la deuxième corrida de la Feria de l’Atlantique, les arènes de Bayonne nous avaient donné rendez-vous à 22h, à la suite du match de rugby de l’Aviron Bayonnais, dont le coup d’envoi était donné à 19h05 à Jean-Dauger. L’idée est alors venue aux organisateurs d’intituler cette corrida « Corrida des Lumières », avec un paseo dans le noir, où quelques bougies éclairaient la piste. Un spectacle qui n’a pas vraiment apporté beaucoup de plus-value à cette corrida.
Passons, car en piste, les toros de Arauz de Robles ont permis aux aficionados présents de ne pas succomber à la fatigue. Les six exemplaires ont offert du jeu et de l’émotion sur le sable de Lachepaillet. Une corrida de toros entretenue, car le principal protagoniste était bien au rendez-vous.
Chez les piétons, ce fut plus compliqué, car l’exigence et la difficulté des toros ont mis les toreros face à leurs responsabilités. Il est vrai que le lot a tout de même manqué de fond, notamment dans la deuxième partie de la corrida. Les charges importantes ont donné de l’émotion et un intérêt particulier à cette soirée, notamment chez les 1er, 2e et 3e toros, qui se sont avérés les meilleurs du lot, à divers degrés. Plus décevants, les 4e, 5e et 6e toros ont manqué de race et de mobilité, laissant Julio Mendez et le toro réservé au vainqueur dans une impasse.

Manuel Diosleguarde a été le triomphateur de la soirée, grâce notamment à une bonne efficacité à l’épée. Le Salmantin n’a pas démérité muleta en main, mais son lot ne fut pas le plus propice au succès. Son intelligence et sa manière d’aborder l’animal furent toutefois les bonnes, permettant de signer des séries adaptées, conclues d’une belle épée qui lui libère une oreille. Face à son second toro, Manuel Diosleguarde fut à la hauteur, mais peu d’options s’offraient à lui.
Derrière, Damian Castaño a offert de bons passages devant peut-être le meilleur toro de la soirée. Il réussit à bien embarquer l’animal dans sa muleta, mais l’épée l’empêcha de briller. De bons détails chez Dorian Canton ont suivi, malgré une prestation un peu inégale qui aurait pu se solder par un trophée avec une meilleure conclusion. El Rafi a réalisé une bonne entame, mais n’est pas parvenu à maintenir le cap. Julio Mendez a laissé de bons passages devant un animal aux possibilités limitées.

Toro a Toro
Bel exemplaire d’Arauz de Robles pour ouvrir cette corrida. Damian Castaño réalise une bonne réception à la cape avec alegria et application. Bonne lidia pour 2 piques, où le toro s’implique peu. Le toro est intéressant dans le dernier tiers. Il charge avec émotion. Damian Castaño parvient à tirer plusieurs séries valeureuses qui ont malheureusement un écho limité sur le public. Il ne domine pas totalement un toro qui se retourne vite et qui pèse dans la muleta. La faena est intéressante, mais conclue difficilement à l’épée.

Le second toro d’Arauz de Robles reste sur ses gardes à sa sortie du toril. Il observe avant un tercio de piques où le toro s’emploie sous les deux bonnes rations de pique. Lidia correcte de Dorian Canton, avant qu’El Rafi ne vienne sortir le toro du cheval au second envoi avec esthétisme. Le toro a de bonnes qualités. Il charge lui aussi avec race et émotion dans la muleta de Dorian Canton. Le début de faena est inégal, avec un torero qui est trop à mi-hauteur. En baissant davantage la main sur la seconde partie de faena, Canton offre deux séries de derechazos intéressantes. À gauche, le Français parvient seulement sur une série à tirer profit d’un animal plus exigeant. Une entière suffisante au second essai. Vuelta après une pétition très minoritaire.
Le troisième Arauz de Robles est bien présenté, malgré des pointes abîmées après avoir tapé contre les burladeros. El Rafi réalise une réception prudente et laissera le soin de la deuxième mise en suerte à son banderillero. 2 piques avec un toro qui ne pousse pas. Bonne entame de faena du Rafi, qui parvient à rapidement dominer le toro. Il sert deux bonnes séries droitières, où il domine le toro par le bas. Mais le Français s’emmêle les pinceaux sur le reste de la faena. Il ne prend plus la mesure du toro, notamment à gauche. Deuxième partie décevante donc, qui tourne court avant une entière un peu en avant au second essai.

Manuel Diosleguarde hérite d’un toro difficile, qui reste sur ses gardes et manque de race. Sous les sifflets incessants et presque imbéciles du public, le piquero est obligé d’aller au centre de la piste pour piquer le toro. Il sort des limites, c’est sûr, mais n’a pas vraiment le choix, avec une lidia très approximative et un toro désintéressé du cheval. Sifflets pour le piquero à sa sortie. Cela n’empêche pas Diosleguarde d’aller brinder sa faena au public, forcément froid. Diosleguarde s’engage dans une faena volontaire, devant un toro qui a peu de choses dans le ventre. Il tire quelques naturelles de bonne facture, mais se voit dans l’obligation de réduire la distance. Sa deuxième faena est construite dans les cornes d’un toro qui a du mal à exister. Diosleguarde fait l’effort en se rapprochant et en tentant d’embarquer le public. Objectif en partie atteint avant une entière concluante.
Le cinquième Arauz de Robles est magnifique malgré le piton droit bien abîmé. Accueil sûr de Julio Mendez, mais le toro s’en va après quelques véroniques. 2 piques avec un toro qui pousse avec qualité et bravoure uniquement sur la première rencontre. Julio Mendez réalise une faena sérieuse devant un animal exigeant et à la race limitée. Il fait l’effort, mais le toro se retourne vite et ne rompt pas. Malgré une expérience limitée, Julio Mendez livre bataille. Il tue au troisième essai d’une entière qui nécessite le descabello.

Manuel Diosleguarde est logiquement désigné au vote du public et de la présidence pour estoquer le dernier toro.
Le sixième toro d’Arauz de Robles est bien présenté. Manuel Diosleguarde réalise une bonne réception avant de soigner sa mise en suerte. 2 piques avec un toro qui ne s’emploie pas. Il est difficile à banderiller, avec des peones qui y vont banderille par banderille. Le manque de qualité du toro se confirme dans le dernier tiers. Il manque d’émotion, mais le nouvel effort de Diosleguarde permet de voir de bons passages à gauche. Le Salmantin réussit à faire courir sa main gauche pour de bons passages. Il conclut d’une entière un peu en arrière qui nécessite le descabello. Le toro tombera finalement sans mouchoir, au bout d’une longue attente.
Bayonne, Samedi 5 septembre 2026
6 toros de Arauz de Robles pour
Damian Castaño : silence
Dorian Canton : vuelta
El Rafi : silence
Manuel Diosleguarde : une oreille et silence après 2 avis
Julio Mendez : silence
Jean Dos Santos
