Béziers : Roca Rey triomphe, De Justo se fait voler la grande porte

Au lendemain de la déception, Béziers a vibré. Béziers a rugi aussi avec Roca et grondé, également, contre la présidence qui a refusé la grande porte à Emilio de Justo. Globalement, corrida de très bonne facture avec un lot de Garcia Jimenez homogène, plutôt vaillant au cheval et donnant du jeu aux maestros.

Deux ans après sa dernière venue à Béziers, Roca Rey était attendu sur le plateau de Valras. Et le Péruvien, bien qu’en demi-teinte depuis le début de la saison, a réussi son retour. Il est sorti par la grande porte après un premier combat de haute intensité. Si du premier tier on ne retiendra que la première bonne pique (même si le travail du picador a suscité une division d’opinions), Roca est ensuite devenu Rey grâce à une très belle faena construite sur les deux cornes, face à un brave Garcia Jimenez particulièrement collaboratif. Des naturelles sont venues parachever son œuvre, ainsi qu’une estocade de catégorie foudroyante. Deux oreilles sans discussion.

Andrés Roca Rey aurait pu obtenir une oreille supplémentaire, celle du courage. Car quand le sixième Garcia Jimenez est sorti, complètement fuyard, la donne semblait mal engagée. D’autant plus après des piques particulièrement désorganisées. Mais le Péruvien est parvenu à sublimer son adversaire et a lier de nombreuses séries pleines de profondeur. Malheureusement, l’estocade entière ne fut pas efficace. Trois dezcabellos.

Roca Rey aurait dû sortir sur les épaules aux côtés d’Emilio de Justo. Le président lui a injustement refusé une seconde oreille à l’issue de son retour en piste. Trophée supplémentaire pourtant demandé à l’unanimité, même si son octroi ne revient qu’au palco. Difficile de comprendre la décision tant l’Espagnol a tracé une magnifique faena, débutée à genoux et poursuivie des deux côtés, entre les cornes et sans accroc, malgré quelques frayeurs. Brave à la pique, le toro a été tué d’une entière foudroyante. Bronca au palco.

Retour à vide car un trophée s’est envolé à la fin de son premier combat, la faute à des difficultés aux aciers. Après deux pinchazos, c’est une épée mal placée – bien qu’efficace – qui est venue ternir une belle faena montée en intensité grâce à trois séries de derechazos pleines d’allégresse. Sur la corne gauche, le toro a tout autant transmis et permis à De Justo de connecter avec le public. Sans un échec à l’estocade, c’était le succès assuré.

Après-midi à oublier pour Juan Ortega qui, d’abord, n’est jamais parvenu à trouver le bon rythme face à un brave exemplaire de Garcia Jimenez. Ses rapides retournements ont compliqué la tâche du Sevillan qui a par ailleurs planté une épée mal placée et très longue d’effet. Ensuite, il a hérité du plus mauvais du lot. Ortega a abrégé mais s’est retrouvé dans l’impossibilité de tuer. Trois tentatives infructueuses et un animal qui a fini par tomber tout seul… Retour en Andalousie sans rien.

Béziers, Vendredi 14 août 2026

Moitié d’arène (6000 personnes environ)

6 toros de Garcia Jimenez pour
Emilio de Justo : applaudissements et oreille
Juan Ortega : silence et silence
Andrès Roca Rey : deux oreilles et ovation

Maxime Gil