Céret : Un dimanche sous le signe du TORO avec la corrida de José Escolar Gil et la novillada de Tulio Vazquez

Un dimanche sous le signe du TORO ! Seule la météo s’est montrée un peu plus dulce envers les nombreux aficionados présents sur les tendidos.

À 11 heures, quatre novillos de Isaías y Tulio Vázquez étaient proposés à Valentín Hoyos et Jesús de la Calzada, tous deux sobresalientes lors de la matinée de la veille. Une devise que l’on ne voyait plus et qui, pour les anciens, a rappelé quelques très bons souvenirs ! Tous negros, bouche close du début à la fin, attentifs à tout ce qui se passait en piste, ils étaient là pour en découdre… et nous ont fait grand plaisir ! Ce fut en revanche bien plus rugueux pour les novilleros chargés de les affronter.

Le premier novillo de Tulio Vazquez

Mention spéciale aux deux premiers, qui ont immédiatement mis les amateurs du premier tiers en appétit, répondant de très loin à l’appel des piqueros avec de superbes galops pleins de détermination. Les impacts furent violents, occasionnant quelques batacazos spectaculaires. Certes, ils développèrent sous le châtiment davantage de violence que de réelle bravoure, mais ne boudons pas notre plaisir ! Les deux derniers furent plus discrets.

Jesús de la Calzada fut mis à de nombreuses reprises en difficulté, désarmé et bousculé à plusieurs reprises. Certes, ses opposants n’étaient pas des enfants de chœur, notamment son premier (sorti en deuxième), qui fit preuve de beaucoup de sentido. Mais son expérience en novillada piquée n’a pas semblé peser et, face au plus fade du lot, il n’a pas su, ou pu, apporter l’entrega qui faisait défaut.

Derechazo de Jesus de la Calzada devant son second novillo ©Philippe Gil Mir

Valentín Hoyos s’est montré sérieux durant toute la matinée, dans les mises en suerte comme dans ses débuts de faena par le bas, notamment à son second, en allant chercher la corne contraire. Son toreo appliqué transmet toutefois encore trop peu d’émotion. Il sera néanmoins récompensé de sa bonne volonté par l’oreille de son second adversaire.

Valentin Hoyos a décroché une oreille avec courage ©Philippe Gil Mir

Une matinée entretenue par la satisfaction de retrouver un vieux nom de l’élevage remis en lumière. Une ganadería en reconstruction, qui travaille sérieusement et que l’on reverra avec grand plaisir et beaucoup d’espoir. Titi Agudo a reçu le prix de la meilleure pique et le mayoral a été appelé à saluer.

4 novillos de Tulio Vazquez pour
Valentin Hoyos : salut et une oreille
Jesus de la Calzada : salut et silence après avis
Sobresaliente : Marcos Adame

Des toros de José Escolar Gil de grand intérêt avec un valeureux Sanchez Vara

L’excellente présentation des toros de José Escolar Gil ©Laurent Bernède

À 18 heures est sorti un lot de José Escolar Gil de toute beauté, irréprochable de présentation, avec des comportements tous intéressants, à des degrés div

ers. Des pitons à faire quelques cauchemars, dignes d’une arène de première catégorie. Les deuxième, cinquième et sixième furent un ton au-dessus : de la race, du poder et du moteur. Tous sont allés allègrement sous le châtiment, avec une bravoure variable, s’employant plus ou moins sous les vingt piques administrées durant la corrida. Les deuxième et sixième ont semblé les plus intéressants dans ce registre, sans être véritablement complets pour justifier une vuelta. Réclamée par une partie du public, elle fut finalement refusée par le président Benoît Pince.

L’accorder n’aurait pourtant pas relevé d’un triomphalisme excessif, loin de là. Mais rester mesuré est aussi une preuve de sérieux et de fidélité aux références de cette arène. Le débat restera ouvert durant toute la soirée, signe qu’il s’était réellement passé quelque chose d’important dans le ruedo cérétan.

Les premier et quatrième toros, lidiés par Antonio Ferrera, chef de lidia, sont difficiles à juger tant le maestro y a mis de la mauvaise volonté. Le quatrième, quasiment inédit à la muleta, aura été massacré aux piques, notamment par un Gabin, aux ordres du maestro, qui livra une prestation très décevante. Sifflets et bronca pour Antonio Ferrera, qui donne bien des inquiétudes aux Montois avant de retrouver prochainement cette même devise. À noter, en revanche, une excellente paire de banderilles d’Ángel Otero au premier Escolar.

Antonio Ferrera, très décevant ©Laurent Bernède

Sánchez Vara a assumé la lidia comme il sait si bien le faire et a, comme la veille, livré plusieurs paires de banderilles dans les cornes, particulièrement méritoires, soulevant une ovation unanime. Une présence de chaque instant qui conduit presque à être moins exigeant envers son toreo de muleta qui, bien qu’honnête, est resté en dessous de la qualité de ses deux opposants.

Estocade engagée de Sanchez Vara ©Laurent Bernède

Maxime Solera s’est montré plus à son aise et davantage dans le sitio face à l’excellent sixième, très encasté et doté d’une superbe charge. Le défi était grand pour lui, une pression qu’il a su gérer. Il signera plusieurs naturelles de valeur, mais une épée portée au second essai le privera d’une oreille qui aurait été pleinement méritée.

Maxime Solera, très intéressant face à son second toro ©Laurent Bernède

Le mayoral ainsi que le ganadero ont été appelés à saluer, une récompense parfaitement justifiée à l’issue de cette corrida. Les aficionados présents ont vécu une magnifique tarde de toros… et même une journée complète.

Cuando hay toros, la vie de l’aficionado est belle… Merci l’ADAC !

6 toros de José Escolar Gil pour
Antonio Ferrera : sifflets et bronca
Sanchez Vara : vuelta et une oreille
Maxime Solera : silence et vuelta après avis

Laurent Bernède

Le mayoral (à gauche) et José Escolar en personne pour saluer à l’issue de la corrida ©Laurent Bernède