Dax : Daniel Luque fait la pluie et le beau temps en clôture de Toros y Salsa 2026

Daniel Luque a tiré parti d’une corrida de clôture de la temporada dacquoise relativement décevante, notamment en raison de toros d’El Torero à la race et aux forces trop limitées. Devant plus de trois quarts d’arène, le maestro de Gerena a fait le maximum face à son lot du jour, dans un mano a mano avec Miguel Ángel Perera, qui a coupé une oreille méritoire à son dernier adversaire.

Les six exemplaires d’El Torero, divers de présentation mais tous légers de trapío, ont manqué de fond et de forces pour pouvoir développer pleinement leur noblesse. Le cinquième a fait forte impression, mettant à terre sans faire de détail la cavalerie, infligeant au passage deux coups de corne au cheval et envoyant le piquero à l’infirmerie avec une suspicion de fracture de l’épaule.

Le cinquième toro de El Torero

Daniel Luque a fait la pluie et le beau temps, montant le curseur de la tarde dès qu’il en a eu l’opportunité. L’adversité limitée qui s’est présentée à lui a réduit son champ d’action, et il refusa logiquement de sortir a hombros malgré les deux oreilles du premier en poche.

Miguel Ángel Perera eut peu d’opportunités, mais devant le fameux cinquième, il s’employa, notamment avec un début de faena à genoux et de bons passages maîtrisés qui ont porté sur les tendidos. Il repart avec l’oreille de ce cinquième exemplaire.

Daniel Luque devant son premier toro de la tarde

Toro a Toro

Miguel Ángel Perera hérite d’un premier toro d’El Torero bien présenté, qui a du mal à se fixer. L’animal est juste de forces et les deux petites piques qu’il prend n’aident guère. Quite sans émotion de Luque face à un animal qui peine à rester debout. Perera réalise une faena très courte, faute de possibilités. Il tue d’un affreux bajonazo, retirant aussitôt l’épée, mais le mal est fait. Sifflets.

Daniel Luque hérite du second El Torero, correct de présentation. Le toro part à pleine vitesse sur le cheval, mais sans y faire de dégâts. Deux piques, avec une première puya qui reste accrochée à l’animal et que le picador retirera lors de la seconde rencontre. Le toro montre des qualités aux banderilles en poursuivant les peones jusqu’aux planches. Daniel Luque ne manque pas le rendez-vous et profite des qualités du toro dès l’entame. Il parvient à maintenir l’animal en l’enroulant autour de lui, variant les passes et les cites. Bien aidé par la musique qui accompagne la faena, Daniel Luque essore véritablement un animal qui baisse progressivement en intensité et démontre toute la supériorité du maestro de Gerena. Il tue d’une bonne épée qui libère deux oreilles demandées par la vox populi.

Miguel Ángel Perera hérite du troisième toro d’El Torero, juste de gabarit. Il prend deux piques légères. Perera est en capacité d’exploiter la noblesse d’un toro qui ne va pas durer. Faena quelconque de l’Extremeño, qui finit par conclure d’une entière correcte et suffisante.

Le quatrième toro est correct de présentation. Il pousse sur la première pique après un travail de cape tout en douceur de Daniel Luque. Il s’implique sur la deuxième avec moins d’intensité. La faena de l’Espagnol n’est pas florissante face à un toro dénué de race et de transmission. Luque tracera une seule et unique série de naturelles. Une entière au deuxième essai, suffisante.

Passe changée dans le dos de Miguel Angel Perera face au cinquième

Miguel Ángel Perera hérite d’un joli burraco qui va mettre à terre la cavalerie dès son entrée en piste. Moment de tension avec le cheval et le piquero au sol, à la merci du toro. Le cheval de réserve entre en piste avec le second piquero pour une deuxième rencontre où le toro pousse modérément. Perera entame sa faena à genoux au centre du ruedo. Passes changées dans le dos avant de poursuivre par de bons passages droitiers. L’Extremeño essore l’animal, qui baisse ensuite de régime et devant lequel il sert un toreo de proximité. Efficace avant une entière basse et habile. Une oreille.

Le dernier El Torero, pour Daniel Luque, prend deux piques en poussant très légèrement. L’animal est exigeant mais offre quelques possibilités. Le torero est obligé de s’employer avec beaucoup de métier pour tirer le meilleur d’une corne gauche supérieure. Un réel travail en profondeur permet à Luque de tirer de bons moments malgré l’exigence et la race limitée de l’animal. Malheureusement, Daniel Luque laisse échapper l’oreille et la grande porte après trois échecs successifs à l’épée. La quatrième tentative sera la bonne pour clôturer cette temporada dacquoise 2026.

6 toros de El Torero pour
Miguel Ángel Perera : sifflets, salut après avis et une oreille
Daniel Luque : deux oreilles, salut après avis et silence

Jean Dos Santos