Hagetmau : Hugo Tarbelli triomphe pour ses débuts en piquée grâce à un bon novillo de La Golosina

Pour cette novillada, la commission taurine d’Hagetmau avait choisi de présenter les deux fers de la famille Jalabert : trois novillos des Frères Jalabert, issus du sang Domecq, et trois novillos de La Golosina, issus du sang La Quinta. Juan Bautista avait en effet acheté à la famille Conradi le toro qu’il avait gracié à Istres et s’en était servi comme reproducteur avec des vaches provenant du même élevage.

La comparaison fut assez significative, tant dans la présentation que dans le fond. Les trois premiers novillos des Frères Jalabert, de robe noire et marron, plutôt légers de poids, manquèrent rapidement de force, ne permettant pas une lidia correcte. Les trois suivants de La Golosina, plus charpentés et de robe grise et blanche, montrèrent une grande noblesse mais manquèrent eux aussi d’allant sous la pique, à l’exception du premier des trois qui poussa quelque peu au cheval. Au total, seulement six piques furent administrées aux six novillos. Autant dire que les amateurs de puya sont repartis déçus, s’attendant à davantage, surtout de la part des novillos de La Golosina.

Quant aux novilleros, Jesús Romero nous a montré un toreo moderne et bien profilé. Il n’a cependant pas souvent trouvé le bon terrain lui permettant de lier les passes. Que ce soit sur son premier ou son second novillo, malgré leur différence notable de comportement, il a proposé le même type de toreo. Face à son second adversaire, d’une grande noblesse, il ne parviendra ni à l’intéresser ni à captiver le public. Grâce à une épée légèrement basse mais efficace, il effectuera une vuelta applaudie.

Mario Vilau, l’un des novilleros les plus attendus de la saison, n’a pas non plus confirmé tout le bien que l’on pense de lui. Malgré un début de faena à genoux et quelques passes d’ornement, il ne trouva pas le bon terrain et ne provoqua pas l’émotion attendue. Après une épée entière trop plate et un descabello après un avis, il fut gentiment applaudi.

Face à son second novillo, il fut quelque peu chahuté en début de faena, mais resta là aussi toujours à distance de ce bicho pourtant très noble. Une épée entière trop haute, suivie de plusieurs descabellos après un avis, conduisirent Mario Vilau à quitter la piste dans le silence.

Hugo Tarbelli, venu en remplacement d’Alvaro Serrano et ancien élève de Richard Milian, à qui il dédia son premier novillo, faisait sa présentation en novillada piquée. Son toreo manque encore d’expérience, mais il possède la fougue et l’engagement de ces jeunes novilleros désireux de se faire une place.

Face à son premier adversaire, faible, il courut beaucoup sans toujours trouver les bons terrains. Malgré un début de faena à genoux et la pose des banderilles, il ne parvint pas à tuer rapidement son novillo. Après un avis et un descabello, il récolta les applaudissements du public.

Sur son second novillo, Hugo Tarbelli se montra tout aussi volontaire. En lui donnant de la distance afin d’obtenir une meilleure charge, il parvint à lier de belles séries aussi bien à droite qu’à gauche. Toujours aussi engagé aux banderilles comme avec la muleta, il envoya « Gorrion » au paradis d’une épée engagée et bien placée. Le public réclama l’oreille,mais ce sont finalement deux oreilles, généreuses, qui ont permis à Hugo Tarbelli de sortir a hombros.

Une belle fin de novillada qui fit presque oublier la faiblesse générale des novillos tout en confirmant la noblesse des pensionnaires de La Golosina.

Une demi-arène garnie sous un soleil de plomb.

6 novillos de Jalabert Frères (1/2/3) / La Golosina (4/5/6) pour
Jesus Romero : silence et vuelta
Mario Vilau : silence après avis et salut
Hugo Tarbelli (qui remplace Alvaro Serrano et débuts en piquée) : salut et 2 oreilles

Pascalito del Moun