Lunel : El Rafi et Pagés Mailhan se distinguent lors d’une corrida 100% française réussie

Maestria Productions, gestionnaire des arènes San Juan de Lunel, innovait cette année avec une mini-feria pour la Pescalune 2026 : deux corridas à l’affiche dont une 100% française le samedi, le lendemain étant réservé à la traditionnelle corrida de figuras précédée d’un bolsin matinal.

Sept matadors français et autant de ganaderias tricolores étaient conviés au premier des trois spectacles dédiés à la tauromachie espagnole. L’affiche avait de quoi attirer les aficionados mais la chaleur suffocante eut raison des moins courageux, la fréquentation des gradins se limitant à deux mille personnes environ.

Sept toros français foulèrent donc le sable du ruedo pescalune, divers dans la présentation et d’un poids allant de 482 à 515 kilos, le Fernay et le San Sebastian se distinguant par un physique avantageux. On pourra regretter la mono-pique infligée à l’ensemble des cornus, à l’exception du Tardieu (Alain et Frédérique) qui clôtura la tarde, un manso qui prit trois rations de fer en visitant le ruedo.

Le toro du fer de Hubert Yonnet qui ouvrit les débats, commode d’armures et affichant quelques pointes de faiblesse en cours de lidia, fit son boulot, sans plus. Andy Younes afficha une certaine esthétique sur la corne gauche du bicho, la droite permettant moins. Faenita pas désagréable hélas mal conclue par quatre pinchazos et une lame latérale complétée par une paire de descabellos. Salut.

Andy Younes

Le Jalabert sorti en seconde position poussa un peu la cavalerie jusqu’aux planches après réception d’Adriano par véroniques engagées et demie. Quite du maestro par tapatias, puis esthétique entame de faena par doblones genou ployé avant séries templées sur les deux bords, l’entame à gauche s’avérant hésitante avant de gagner en intensité. Final un peu long par bilbainas, dosantinas et autres manoletinas qui décomposèrent l’animal mais qui portèrent sur le public. Oreille généreuse vu l’emplacement de l’estocade.

Adrien Salenc « Adriano »

Dorian Canton eut un peu de mal à fixer son Fernay auteur d’une bonne poussée sur le uhlan de service et qui mit ensuite la cuadrilla en difficultés lors de la pose des bâtonnets. La faena qui suivit ne restera pas dans les annales malgré la bonne volonté du palois qui sembla en manque d’inspiration. Le bicho se mettant sur la défensive contraria le final avec l’acier. Silence après une lame caida et tendida.

Dorian Canton

Tibo Garcia salua le Pagès-Mailhan par une larga cambiada afarolada de rodillas avant de lui proposer quelques véroniques et demie de bonne facture. Hélas le bicho fit une vuelta de campana qui limita le châtiment à un picotazo. Trois paires de banderilles bien posées puis brindis au public avant entame de faena par passes cambiadas, la suite sur les deux bords s’avérant de qualité. Final par circulaires et luquecinas, puis trois entrées a matar pour une entière concluante en place. Oreille tout de même et une vuelta au toro qui ne s’imposait pas, le noble bicho restant inédit au premier tiers. Pas très sérieux tout ça !

Tibo Garcia

El Rafi capta d’emblée le San Sebastian par farol et véroniques assez allurées avant de le faire piquer avec modération. Partage des bâtonnets avec Nino Julian pour un second tiers rondement mené par les deux garçons. Brindée à l’assistance, la faena débuta par des derechazos de rodillas qui enflammèrent les étagères, la suite s’avérant de bon niveau sur les deux pitons, peut-être un peu moins sur le gauche, l’animal finissant a menos lors du changement de main. Tiers de lame, entière contraire. Oreille.

El Rafi

Le Tardieu Frères afficha d’entrée une pointe de faiblesse qui le fit ménager lors d’un premier tiers pour la forme. Initiée par statuaires, la faena ambidextre du biterrois Carlos Olsina, non dénuée parfois d’élégance, manqua d’engagement, le garçon usant et abusant du pico. Final par derechazos sans l’épée et bernadinas. Cinq assauts pour laisser un tiers de lame, puis trois descabellos. Salut qui aurait pu être silence.

Carlos Olsina

Nino Julian, qui remplaçait Solal blessé, n’eut guère de chance au sorteo, héritant d’un toro de Alain Tardieu bas et armé large qui ne lui facilita pas la tâche. Abanto de salida, le bicho visita le ruedo, recevant au passage trois rations de fer d’inégale intensité. Second tiers compliqué pour Nino et Rafi qui assurèrent au mieux l’épisode. Brindé à ses compañeros du jour, le trasteo du garçon fut, on s’en doute, compliqué, le jeune nîmois cavalant derrière un manso peu enclin à la collaboration. Pinchazo avant entière hémorragique. Vuelta pour la volonté.

Nino Julian

El Rafi reçut le prix accordé au meilleur torero, la ganaderia Pagès-Mailhan se voyant attribuer celui du meilleur toro.

Un tiers d’entrée, grosse chaleur. Président : Jean Jorge.

7 toros de Hubert Yonnet, Jalabert, Olivier Fernay, Pagès-Mailhan, San Sebastian, Tardieu Frères, Alain Tardieu pour
Andy Younes : salut
Adrien Salenc : une oreille
Dorian Canton : silence
Tibo Garcia : une oreille
El Rafi : une oreille
Carlos Olsina : salut
Nino Julian : vuelta

Reseña et photos : Patrick Colléoni « Paco ».