La San Isidro 2026 se poursuivait en ce jeudi de l’Ascension avec une corrida de Vellosino, venue en remplacement du lot de El Parralejo, refusé par les vétérinaires. Malheureusement, les remplaçants n’ont pas vraiment offert d’éclat, comme c’est souvent le cas avec la ganadería salmantine. Un lot de toros limité en caste, dont seule la fade noblesse a permis à Daniel Luque d’inventer quelques détails.
Six toros de Vellosino aux présentations diverses, avec un premier et un troisième insuffisamment présentés, tandis que le reste du lot, suffisamment armé, bas et courts sur pattes, entrait davantage dans le type. Peu de race chez l’ensemble des six exemplaires, limités en forces, certains montrant davantage de mobilité, notamment le lot de Daniel Luque ainsi que le quatrième.

Si Daniel Luque a pu construire deux faenas faites de détails et d’une méthodologie bien propre à lui, ses deux compagnons de cartel, Sébastien Castella et David de Miranda, n’ont même pas eu cette opportunité. Le Français a pourtant fait l’effort face à un quatrième qui a duré davantage et devant lequel il s’est employé à tirer l’impossible.

Une tarde à oublier en ce jeudi de l’Ascension, en attendant le rendez-vous de demain avec les toros de El Torero.
Toro a toro
Le premier toro de Vellosino, mal présenté, manque de force et de race. Malgré une lidia correcte, l’animal se montre invalide, laissant Sébastien Castella sans options.
Le deuxième Vellosino est bien présenté, bas et armé. Manso et juste de forces, Daniel Luque le conduit au cheval, où le toro fuit puis revient, déjà limité physiquement mais montrant une certaine mobilité tout au long de la lidia. Luque torée avec douceur dans une faena qui prend dès l’entame. La noblesse, certes fade et à la transmission limitée de l’animal, permet toutefois au torero de distiller plusieurs séries de bonne facture. D’abord sur le pitón gauche, avec des naturelles profondes, puis à droite dans un registre davantage dominateur, Luque tire le maximum de son adversaire. Il conclut d’une entière légèrement basse qui finit par faire effet.
Le troisième toro de Vellosino, de présentation moyenne, est accueilli par de bonnes véroniques de David de Miranda. Deux piques, avec une première rencontre où le toro pousse modérément. La faena est perturbée par le vent, mais surtout par le manque de race de l’animal. De Miranda tente, mais se retrouve rapidement sans options.

Le quatrième toro de Vellosino est bien présenté. Sébastien Castella mène une lidia précise pour un tercio de piques discret. Le toro manque de transmission et de piquant. Castella tente de donner de l’élan à sa faena, débutant assis sur l’estribo. Le Français réalise une faena longue, enchaînant les passes sans parvenir à faire rompre un animal trop fade. Ce dernier tiers s’éternise et les épées ne sont pas au rendez-vous. Deux pinchazos puis une entière légèrement en avant prolongent le suspense, et Castella finit par faire tomber l’animal en retirant l’estoque, à quelques secondes du troisième avis.
Daniel Luque hérite du cinquième toro, bien fait mais plutôt commode de gabarit. Le torero de Gerena soigne sa lidia face à un animal un peu hésitant. Deux piques. La faena est assez qualitative, avec un torero qui surclasse largement l’animal et compense son manque de transmission. Le toro de Vellosino est certes noble, mais comme l’ensemble du lot, manque de piquant et de fond. Effort notable de Daniel Luque, qui parvient à faire monter les enchères. Le Sévillan conclut d’une bonne épée en place qui fait effet. Pétition d’oreille non entendue. Salut.
David de Miranda accueille le dernier toro de Vellosino, massif et bien armé. Lidia approximative de l’Andalou pour deux piques sans relief. L’animal, juste de race, n’offre aucune possibilité à De Miranda, qui doit abréger.
Madrid, Jeudi 14 mai 2026
6 toros de Vellosino pour :
Sébastien Castella : silence et silence après deux avis
Daniel Luque : salut et salut après pétition
David de Miranda : silence et silence
Jean Dos Santos
