Madrid : Antonio Ferrera, seul au rendez-vous des toros de Partido de Resina

La corrida de Partido de Resina était attendue par les aficionados. Un rendez-vous important, notamment après le bon toro lidié lors de la corrida concours de septembre dernier à Las Ventas.

Si le lot de Partido de Resina a, il est vrai, globalement manqué de race et de fond, le pauvre contenu vu cet après-midi réside aussi et surtout dans les médiocres prestations des hommes en piste. Absence de lidia, tercios de piques exécutés dans l’imprécision générale et faenas sans véritable stratégie ni plan d’action pour s’adapter à l’encaste des Partido de Resina.

Seul Antonio Ferrera a été en mesure de rivaliser, et ce n’est pas un hasard. Torero expérimenté, notamment face à ces encastes spécifiques, l’Extremeño a bien fait les choses du début à la fin. Il a pris soin de lidier avec précision ses deux adversaires, toréant par le bas dès l’entame des faenas. Une formule qui lui permit de construire les meilleurs moments de l’après-midi et de mettre en avant les qualités des toros de Partido de Resina.

Ce ne fut pas vraiment le cas chez Calita, et encore moins chez Jesús Enrique Colombo. Les deux Sud-Américains ont été dépassés par la situation. Calita a malgré tout montré une certaine application, mais c’est surtout son manque de recours qui l’a empêché de tirer profit de la situation. Pour Colombo, et ce n’est pas une surprise, la superficialité de sa lidia a eu de lourdes conséquences, tout comme son incapacité à adapter les tercios de banderilles, notamment face au sixième, qui s’est réfugié sur son terrain et dont le Vénézuélien ne parvint jamais à le sortir.

Calita devant le deuxième toro de Partido de Resina

Une corrida globalement décevante, mais où il est important de rappeler que chaque toro possède ses propres caractéristiques, et que les limites d’une tauromachie moderne et stéréotypée ont aujourd’hui été mises en évidence.

Toro a toro

Antonio Ferrera mène une excellente lidia face au toro d’ouverture de Partido de Resina. Deux piques où le toro s’implique peu, restant en arrière. Ferrera assure lui-même la lidia pendant que chacun de ses peones pose une paire de banderilles. Il s’emploie ensuite avec de bonnes séries sur le pitón droit, profitant de la mobilité et du fond de l’animal, qui charge avec intensité sans toutefois totalement rompre. Le toro baisse en intensité dans la seconde partie de faena, mais l’intelligence de Ferrera lui permet de conserver du rythme et d’obtenir des passages intéressants. Il tue d’une épée suffisante.

Le deuxième toro pousse peu lors de deux piques mal exécutées. Calita réalise une lidia discrète face à un toro réservé qui ne se livre pas totalement. Dans le dernier tiers, le Partido de Resina se montre finalement mobile, exigeant mais offrant des possibilités. Calita affiche de la volonté mais se voit dépassé par les difficultés de l’animal. Il ne parvient pas à lier les muletazos dans une faena qui ne décolle jamais vraiment. Décevant.

Lidia très approximative de Colombo face à un toro mobile. Deux piques où l’animal se défend avant de complètement s’arrêter. Colombo assure le tercio de banderilles avec assurance et sécurité face à un toro qui tarde à charger. Même constat dans le dernier tiers malgré une bonne première série. Colombo ne trouve jamais la bonne distance et le toro ne s’améliore pas.

Jesus Enrique Colombo, sans possiblité de rivaliser

Magnifique quatrième exemplaire de Partido de Resina, sérieusement lidié par Antonio Ferrera. L’animal reste très peu au contact de la pique lors des deux rencontres. Faena honorable face à un toro mobile mais dont la transmission et la caste demeurent trop pauvres. Effort notable de Ferrera, qui conclut d’une entière basse.

Magnifique cinquième exemplaire de Partido de Resina, bien reçu par Calita. Deux piques en arrière où le toro ne s’emploie guère. Calita réalise une faena correcte mais insuffisante. Le toro est mobile mais exigeant, obligeant le torero à une extrême précision. Calita tire quelques bons passages, mais son manque de précision lui coûte cher. Il conclut d’une bonne épée suffisante.

Le dernier toro est bien présenté. Il charge avec intensité dans la cape de Colombo, qui réalise ensuite une lidia insuffisante face à un animal qui finit par ne plus se livrer. Le tercio de banderilles de Colombo est catastrophique. Le Vénézuélien se confronte à un toro installé en querencia sans jamais parvenir à s’adapter. Il jette même l’éponge sans avoir posé une seule banderille, laissant le tiers à sa cuadrilla. La faena reste sans intérêt, Colombo ne trouvant jamais la moindre stratégie pour tenter de profiter de l’animal.

Spectateurs : 18 848.

6 toros de Partido de Resina pour
Antonio Ferrera : silence et salut après avis
Calita : silence et silence
Jesus Enrique Colombo : silence après avis et sifflets