Les arènes de Mimizan avaient fait peau neuve pour cette corrida exceptionnellement avancée au mois de juin. Avec une bonne demi-jauge dans les tendidos, les aficionados du Courant ont assisté à une corrida de Pagés-Mailhan globalement satisfaisante, dont le moment fort restera l’indulto accordé au quatrième toro par le Vénézuélien Jesús Enrique Colombo.

Un dénouement artistique aussi spectaculaire que sujet à controverse, dont la légitimité alimentera sans doute les débats. Quoi qu’il en soit, cette après-midi laisse une impression positive grâce à des toros de Pagés-Mailhan qui, dans l’ensemble, ont offert du jeu. Dotés d’un fond de noblesse et de race, ils ont permis aux toreros de s’exprimer pleinement. Les trois matadors banderilleros assurent le spectacle, chacun dans un registre différent muleta en main. Leur volonté de triompher contribue également à maintenir l’intérêt et l’intensité de cette corrida entretenue.
Toro a Toro
Jesús Enrique Colombo ouvre la tarde face au premier toro de Pagés-Mailhan, un animal limité en forces mais possédant une noblesse exploitable. Le Vénézuélien signe une faena irrégulière avant de conclure d’une belle estocade, suffisante pour obtenir une première oreille.

Le gros lot l’attend avec son second adversaire, un joli exemplaire de l’élevage français qui affiche de belles dispositions dès son entrée en piste. Le toro prend deux piques, la seconde rencontre étant particulièrement intéressante par l’engagement démontré sous la cavalerie. Dès l’entame de faena, l’animal charge avec caste et intensité. Colombo le cite depuis le centre de la piste et enchaîne les séries des deux mains face à un toro révélant toute sa noblesse. Le Vénézuélien maintient le niveau grâce à une exécution professionnelle, parfois teintée d’une certaine extravagance. Au moment de l’estocade, plusieurs spectateurs réclament l’indulto. Colombo fait monter la température dans les gradins et obtient rapidement la grâce du toro de Pagés-Mailhan, une décision forcément généreuse. Il signe ainsi un triomphe davantage fondé sur le spectaculaire que sur la profondeur de son œuvre, mais en parfaite connexion avec les tendidos. Présent avec implication dans les trois tercios, il a surtout le mérite de tirer pleinement profit de la situation pour obtenir le premier indulto de l’histoire des arènes de Mimizan.

Solalito hérite d’un premier adversaire qui prend deux piques. Comme lors des trois premiers toros, les matadors assurent eux-mêmes le spectacle dans le tercio de banderilles. Cette première faena du Nîmois est perturbée par les charges brusques et parfois désordonnées du toro de Pagés-Mailhan. Mobile mais protestant dans la muleta, l’animal finit par s’améliorer légèrement grâce au sérieux et à l’application de Solalito. Une entière lui permet de couper une première oreille.

Son second toro reçoit une pique très légère, avant qu’un incident insolite ne survienne avec la chute de la cavalerie au moment de la sortie du toro. Solalito parvient ensuite à exploiter les qualités de son adversaire. La première partie de faena s’avère intéressante face à un toro qui humilie avec franchise. L’animal baisse toutefois de régime par la suite. Le Français tente alors de compenser par son engagement avant de conclure d’une entière efficace. Deux oreilles, accordées avec une certaine générosité, lui ouvrent les portes d’une sortie a hombros aux côtés de Colombo.
Invité surprise de ce cartel de banderilleros et bien connu dans la région pour son parcours de novillero, Ismaël Martín doit composer, face à son premier adversaire, avec un toro à la caste limitée et aux charges inégales, particulièrement compliquées sur le pitón gauche. Grâce à sa mobilité et à sa détermination, il parvient néanmoins à construire une faena méritoire et à décrocher une oreille après une épée portée au deuxième essai.

Son dernier adversaire, bien présenté, prend deux piques en venant de plus loin lors de la seconde rencontre. Ismaël Martín enthousiasme les gradins en posant quatre paires de banderilles. Soucieux de donner du rythme à la fin de la corrida, il débute sa faena à genoux. Le toro offre plusieurs charges intéressantes, soutenues par un fond de noblesse qui laisse entrevoir de réelles possibilités. Le Salmantin tire alors des passages de bonne facture des deux côtés, maintenant jusqu’au bout intensité et connexion avec le public. Malheureusement, son maniement de l’épée se révèle laborieux et lui fait finalement échapper un triomphe qui semblait à sa portée.
Mimizan, Dimanche 14 juin 2026
6 toros de Pagés Mailhan pour
Jesus Enrique Colombo : une oreille et indulto
Solalito : une oreille et 2 oreilles
Ismaël Martin : une oreille et vuelta
La Rédaction
