Tyrosse : Les erales de La Espera dominent la novillada sans picadors matinale

La journée taurine de Tyrosse 2026 a débuté ce samedi matin par la novillada sans picadors gratuite, offerte et organisée par le Cercle Taurin de Tyrosse. Une excellente initiative reconduite une année de plus, avec cette saison un troisième eral à lidier pour le meilleur des deux novilleros. Un bon tiers des arènes Marcel-Dangou avait pris place dans les gradins pour assister à la sortie des erales de la ganadería La Espera et aux prestations du Landais Julio Martin et du Biterrois Esteban Navarro.

Une matinée agréable, mais qui laisse un sentiment d’inachevé. Si les erales de La Espera ont, dans l’ensemble, offert du jeu avec des qualités réelles mais inégales, les deux novilleros ont été pénalisés par leur manque de métier.

Julio Martin avait pourtant bien entamé la matinée en liant plusieurs bonnes séries face au premier eral. Toutefois, son manque de transmission, associé à un échec à l’épée, ne lui permit pas de prétendre à la lidia du troisième eral.

Esteban Navarro face à son deuxième eral de la matinée

Esteban Navarro s’est montré plus percutant, mais son manque d’expérience l’a empêché de pleinement dominer ses deux adversaires. Peu inspiré à la cape, hormis lors des réceptions, c’est essentiellement muleta en main que le Biterrois s’est exprimé. Il réalisa une bonne entame de faena face à son premier eral, avant de perdre progressivement le fil lorsque celui-ci alla a menos. À l’inverse, la caste de son second adversaire le mit en difficulté dès le début de la faena, mais la seconde partie de son travail fut plus convaincante, lui permettant de tirer les meilleures séries de la matinée. À noter que les trois tentatives à l’épée furent portées a recibir, une prise de risque à saluer. Les estocades furent entières, mais trop éloignées pour produire un effet rapide. Dommage.

Toro a toro

Julio Martin hérite du premier eral de La Espera, bien présenté mais de gabarit modeste. Il ne parvient pas totalement à fixer l’animal lors de l’accueil à la cape. L’eral est un peu juste de forces, mais possède du fond et de la noblesse. Ces qualités permettent au Landais de construire une faena intéressante, sans toutefois réussir à transmettre suffisamment d’émotion aux tendidos. Il conclut difficilement à l’épée, en plusieurs tentatives.

Julio Martin a trop peu connecté avec les tendidos

Le deuxième eral de La Espera est lui aussi de petit gabarit. Esteban Navarro en propose un accueil prudent face à un adversaire qui reste sur ses gardes. Le Biterrois débute sa faena au centre de la piste, notamment sur la main gauche, en servant plusieurs bonnes naturelles à un eral exigeant. Mais dans la seconde partie du combat, l’animal se défend davantage qu’il ne charge dans la muleta. Réfugié près des planches, il oblige Navarro à faire l’effort d’aller le chercher pour arracher les derniers muletazos, malgré plusieurs passages sur les extérieurs. Il porte une entière a recibir, légèrement en arrière, insuffisante pour faire tomber rapidement l’animal, avant de devoir servir une seconde entière.

Choisi pour estoquer le troisième eral, Esteban Navarro accueille correctement son adversaire par véroniques, sans proposer de quite. Après un brindis aux ganaderos, il signe une faena inégale dans laquelle il ne parvient pas toujours à prendre la mesure d’un eral doté de qualités. Souvent hors sitio, il accompagne davantage la charge qu’il ne la commande. La fin de faena est toutefois supérieure : plus posé, il parvient à mieux lier ses séries, toujours sur le passage mais avec davantage de précision. Il conclut d’une nouvelle tentative a recibir, trop lointaine, suivie d’une demi-lame, toujours a recibir, puis d’un descabello. Une vuelta posthume à l’eral pas forcément nécessaire a été accordée à la demande du public.

Naturelle de Esteban Navarro sur son premier La Espera

3 erales de La Espera pour
Julio Martin : silence après avjs
Esteban Navarro : silence et silence

Jean Dos Santos