C’était le grand jour pour Marco Perez. Un peu plus d’un an après son alternative et ses triomphes successifs à Nîmes, le jeune prodige était de retour dans le Colisée français pour une encerrona à tout juste 18 ans. Face à six élevages différents (El Freud, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla), le Salamantin a été à la hauteur de l’événement et, comme à chaque venue à Nîmes, est sorti par la porte des Consuls. Certains débattront certainement des trophées mais à son âge, il n’a jamais baissé la tête, ni en intensité, a offert un répertoire divers et varié pendant 2h45 et presque parfaitement estoqué à six reprises.
Le premier combat de Marco Perez ne fut pas le plus fluide. Après avoir éprouvé quelques difficultés à cadrer son adversaire au capote, l’Espagnol l’a envoyé prendre deux piques plutôt légères. Quite par chicuelinas et brindis au public. Les deux premières séries ont permis au maestro d’appréhender un toro à la charge pas franche. La troisième série à droite fut la plus vibrante. D’ailleurs, Perez n’a tracé sa faena que quasi exclusivement avec sa main droite. Le manque de moteur du bétail a freiné ses ambitions. Demi-lame bien placée et efficace pour mettre fin au combat. Oreille généreuse.

Le retour en piste fut bien plus compliquée. Marco Perez a fait face à un faible Santiago Domecq ne lui offrant que peu de possibilités. Épée efficace pour mettre fin à une faena sans émotion. Silence,
Au troisième, Marco Perez débute à genoux avec le capote près des planches et parvient rapidement à fixer son adversaire, qu’il emmène ensuite au cheval par chicuelinas. Deux piques express mais bien exécutées, suivies d’un quite artistique. Le Salamantin débute ensuite sa faena à genoux au centre du ruedo et trace plusieurs séries sur les deux cornes de bonne facture. Le travail est appliqué, le toro répond mais l’osmose n’est pas totale. La fluidité n’est pas le maître mot de la faena. La musique est d’ailleurs refusée par le maestro, qui conclut d’une entière un peu en arrière et longue d’efficacité. Oreille demandée et accordée après pétition à peine majoritaire.
Face au Pages-Malhain, on pensait voir Marco Perez triompher. D’abord car le maestro a débuté à genoux puis a offert, encore une fois, une diversité artistique au capote durant le tercio de piques. Puis la pose des banderilles par l’Espagnol a ravivé l’ambiance dans les tendidos. Un public à nouveau destinataire du Brindis. Si la faena a débuté au centre du ruedo avec des passes dans le dos, elle est allée à menos et Marco Perez n’est pas parvenue à redresser la barre. Ce à quoi se sont ajoutées des difficultés à cadrer son adversaire au moment d’entrer à matar. Entière efficace après pinchazo. Silence.

Marco Perez est ensuite allé attendre l’exemplaire d’El Pilar à porta gayola. Accroché à deux reprises avec le capote, le maestro a éprouvé quelques difficultés à fixer son adversaire. Deux bonnes piques. La faena débute par des statutaires puis Perez offre une série lente avec sa main droite. Le toro passe, le public connecte. Mais l’envol attendu n’arrive pas, malgré une nouvelle belle série à droite auréolée d’un changement de main apprécié pr l’aficion. La fin de la faena est plus accrochée et le bétail faiblit. Estocade entière. Oreille demandée et accordée pour le dur labeur du jeune salamantin.

La course s’est terminée avec la sortie d’un Jandilla au gabarit le plus faible (465kg), attendu à porta gayola puis bien réceptionné au capote par Marco Perez, déclenchant la musique. Deux petites piques dont une donnée depuis le centre du ruedo. Après un brindis à Juan Bautista, son apoderado, Marco Perez entame à genoux puis trace une belle faena, notamment grâce à sa main gauche. L’émotion n’est pas totalement au rendez-vous mais le travail sérieux et appliqué est salué et récompensé par deux oreilles pour l’ensemble du travail matinal après, encore, une estocade efficace. Un fin triomphale.
Nîmes, Dimanche 20 septembre 2026
6 toros de El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla pour
Marco Pérez : Oreille, silence, oreille, silence, oreille et deux oreilles
Maxime Gil
