Parentis-en-Born : José Cruz gagne son ticket pour la liste noire française

Les arènes Roland-Portalier de Parentis affichaient un bon remplissage ce dimanche après-midi pour clôturer la Feria de San Bertomiu 2026. Une belle satisfaction pour les organisateurs landais, même si le résultat de cette novillada de clôture ne fut pas du même acabit.

En cause, les novillos de la ganadería José Cruz, dont la présentation s’est révélée médiocre, notamment au regard de l’état des pitons, très dégradés sur au moins trois des six exemplaires. En termes de gabarit, ce sont en revanche six novillos charpentés qui ont déboulé sur le sable, peut-être trop même, car leurs châssis n’ont pas supporté les kilos. Le manque cruel de forces de la plupart des novillos a lourdement plombé la tarde, restant immobile dans le dernier tiers, sans énergie pour se déplacer dans la muleta des novilleros.

Cinq silences et une oreille au bilan comptable : un résultat qui résume à lui seul la décevante prestation de la ganadería de José Cruz.

Une année 2026 noire pour l’élevage salmantin, déjà marqué par un véritable « petardo » à Mont-de-Marsan lors de la novillada matinale de la Madeleine. Et maintenant un nouveau rendez-vous manqué à Parentis. Sûrement celui de trop, notamment lorsque l’on sait que le public qui assiste à ces novilladas est souvent composé d’aficionados occasionnels ou de spectateurs découvrant la tauromachie. Ce type de prestation n’aide évidemment pas à les fidéliser.

Chez les hommes, difficile de tirer de véritables conclusions tant les possibilités offertes par le bétail étaient limitées. Le Mexicain Ignacio Garibay ne s’est toutefois pas privé, même face au lot proposant le moins d’options, de dessiner les meilleures naturelles de la tarde. Des qualités entrevues qui devront être confirmées à Dax le week-end prochain.

Victor a coupé une petite oreille face au novillo le plus toréable de l’après-midi. Il est parvenu à accompagner la charge de son adversaire sur plusieurs séquences avant de conclure d’une épée efficace, décrochant ainsi l’unique trophée de la tarde.

Martin Morilla, quant à lui, n’a pas été à la hauteur du rendez-vous. Malgré un lot, comme pour ses compagnons de cartel, particulièrement peu exploitable, l’Espagnol n’a pas semblé avoir l’envie ni la détermination nécessaires pour s’imposer en cette après-midi parentissoise. Une nouvelle sortie décevante pour un novillero qui devrait se retrouver dans l’embarras au moment de dresser le bilan de sa temporada.

A noter que Victor puis Ignacio Garibay ont brindé tour à tour leur premier novillo de la tarde à un Saper Pompier présent en callejon. Olé !

Toro a toro

Le premier novillo de José Cruz est de bon gabarit, mais sort des chiqueros avec les pitons éclatés. Martin Morilla réalise une réception discrète mais précise. Le novillo prend une belle pique en poussant avec bravoure, mais laisse toutes ses forces dans la bataille et reste ensuite planté dans sa querencia. Il chute sur sa première charge et met du temps à se relever. Semblant diminué du train avant, il poursuit néanmoins le tercio de banderilles. Martin Morilla doit composer avec un novillo arrêté et sans énergie. Faena sans véritable option et trop longue compte tenu de l’adversité. Estocade au deuxième essai.

Le deuxième novillo, de bon gabarit, présente des armures peu esthétiques. Bonne réception à la cape de Victor, qui réalise une mise en suerte impeccable. Le novillo pousse lors de l’unique rencontre. Dommage que l’on n’ait pas eu droit à une seconde pique. Début de faena spectaculaire de Victor avec des passes changées dans le dos. Il profite d’un adversaire noble pour le citer de loin et entraîner le public. Le Français réalise des séries correctes sur les deux bords, malgré un placement toujours en marge du sitio. Après un pinchazo, il tue d’une entière basse efficace. Une oreille généreusement accordée.

Correctement présenté, le troisième est accueilli par de magnifiques véroniques d’Ignacio Garibay. Bonne mise en suerte du Mexicain pour une pique légère. Garibay assure lui-même le tercio de banderilles face à un novillo qui perd rapidement les appuis. Dépourvu de forces du train avant, l’animal ne peut véritablement combattre. Le Mexicain tente quelques muletazos, le poignet verrouillé en hauteur. Contestation d’une partie des tendidos avant une demi-lame et un novillo qui s’assoit, davantage par manque de forces que par manque de qualité de l’épée.

Le quatrième novillo est de bon gabarit. Nouvel accueil discret mais efficace de Martin Morilla face à un adversaire qui prend une seule pique en poussant. Martin Morilla réalise ensuite une faena peu convaincante devant un novillo brusque, notamment sur le piton droit, malgré une certaine mobilité. Toujours sur le passage, l’Espagnol ne pèse pas véritablement sur l’animal. À gauche, il ne parvient pas davantage à s’imposer. Prestation sobre, devant un public attentif mais pas réellement convaincu. Les aciers sont laborieux pour un novillero qui conserve ses distances. Une vilaine demi-lame nécessitera le descabello. Un véritable désastre, ponctué par les sifflets du public, notamment après l’attitude du torero.

Victor reçoit ensuite un novillo charpenté et distrait. Une vilaine pique, le picador venant piquer le novillo arrêté à la ligne. La faena du Français est brouillonne et accrochée. Le novillo fait illusion en début de faena avant de s’arrêter progressivement. Le dernier tiers s’éternise au-delà du nécessaire. Aciers laborieux du Français, avec plusieurs tentatives échouées. Il parvient finalement à porter une trois-quarts de lame à plat qui ressort avant de devoir s’emparer du descabello.

Le dernier novillo est de bon gabarit et présente des armures abîmées, comme annoncé par les organisateurs. Ignacio Garibay réalise une lidia propre. Ángel Delgado, qui effectuait sa première novillada à seulement 16 ans, pique le novillo avec brio. Ovation pour le jeune piquero espagnol. Le novillo ne fait ensuite que donner l’illusion. Ignacio Garibay dessine trois naturelles de très bon goût, dans le sitio. Ce sera malheureusement tout ce qu’offrira le novillo de José Cruz. On entrevoit de très jolis détails chez le Mexicain, mais il faudra se contenter de cela. Les aciers seront en revanche très laborieux, avec de nombreuses tentatives, toujours dans l’esprit de bien faire.

6 novillos de José Cruz pour
Martin Morilla : silence et sifflets après deux avis
Victor : une oreille et silence après avis
Ignacio Garibay : silence et silence

Jean Dos Santos