Les arènes Marcel-Dangou ont enregistré une belle entrée pour la corrida des Fêtes de Tyrosse 2026, organisée pour l’une des premières fois au mois d’août. Un calendrier exceptionnel, conséquence du déplacement des Fêtes de Bayonne, qui n’a finalement eu aucun impact sur la fréquentation des arènes tyrossaises.
La taquilla affichait le sourire au moment d’accueillir, pour la cinquième fois à Tyrosse, les toros de la ganadería de Pagés Mailhan. Une fidélité qui témoigne de la confiance accordée à l’élevage gardois, présenté dans un cartel populaire réunissant Álvaro Lorenzo, Carlos Olsina et Samuel Navalon. Une minute d’applaudissements en la mémoire d’Alain Lartigue et des Pompiers a été observée.
En piste, les six toros de Pagés Mailhan ont présenté un trapío globalement insuffisant, avec un lot de petit gabarit, notamment le premier exemplaire. Une présentation favorable aux toreros, qui ont pu s’exprimer face à des adversaires nobles et dotés d’un fond de race intéressant. Comme souvent avec cet élevage, les qualités de franchise et de collaboration étaient bien présentes, mais l’ensemble fut handicapé par un manque de forces généralisé, les six toros ne prenant qu’une pique symbolique. Une corrida inégale, parfois décevante, sauvée en partie par l’excellent dernier toro de la course, noble et de grande classe.

Samuel Navalon est incontestablement le grand triomphateur de l’après-midi. Si les épées furent dans l’ensemble laborieuses, l’Espagnol signa la meilleure estocade de la corrida sur son second adversaire, libérant deux oreilles pleinement méritées. Sa faena fut la plus aboutie de la tarde. Dominant un toro noble mais exigeant, Navalon fit preuve d’intelligence, de précision et d’autorité, élevant nettement le niveau artistique de la course.

Carlos Olsina accompagna l’Espagnol en triomphe à l’issue d’une prestation généreuse. Son premier toro permit au Français de construire une faena agréable, essentiellement droitière, grâce à la mobilité initiale de l’animal. Malheureusement, une très vilaine épée concluait sa prestation, récompensée pas deux oreilles. Si Présidence devait se justifier ?
Face au cinquième, probablement le meilleur toro de son lot, Olsina réalisa une nouvelle prestation méritoire. Malgré un toreo parfois trop construit sur les extérieurs, il sut exploiter les qualités du Pagés Mailhan et fut même violemment accroché avant de revenir avec courage terminer son œuvre. Une nouvelle épée hors sitio le priva cette fois d’une récompense supplémentaire. Le Biterrois aura néanmoins confirmé ses bonnes dispositions devant son public du Sud-Ouest.

Álvaro Lorenzo, apodéré par l’organisateur Jean-François Pilès, ouvrait le cartel. Discret devant le premier, limité de forces, il trouva davantage d’options face au quatrième, un toro de meilleur gabarit. Après un début de faena prometteur, la baisse physique de l’animal obligea le torero espagnol à revoir sa copie. La faena s’éternisa près des planches avant que deux avis ne retentissent, conséquence d’un maniement des aciers une nouvelle fois défaillant.
Toro a toro
Le premier toro est juste de gabarit, avec les pointes abîmées, ce qui a été annoncé au micro à la suite d’un débarquement houleux. Accueil prudent d’Álvaro Lorenzo qui conduit l’animal pour une pique légère. Lorenzo réalise un début de faena limpide face à un toro noble malgré des forces limitées. Il trace quelques séries agréables des deux mains, mais pousse son adversaire au-delà de son potentiel. Il tue d’une épée basse au second essai.
Le second est léger de gabarit mais correctement armé pour Carlos Olsina. Une pique légère. Quite par chicuelinas du Français, bien exécuté. Le toro de Pagés Mailhan est noble mais manque de mobilité. Olsina sert une première partie de faena entraînante où le toro répond. Malheureusement, il va rapidement a menos et perturbe les plans du Biterrois, qui doit s’adapter. Les séries deviennent plus courtes et se déroulent dans un terrain réduit pour une fin de faena qui ne va pas au-delà du nécessaire. Olsina tue d’un vilain bajonazo foudroyant. Dommage. Les deux oreilles accordées sont totalement exagérées… Sur quels critères, Monsieur le Président ?
Samuel Navalon reçoit le troisième, dans la lignée des deux premiers. Une pique légère. L’Espagnol débute sa faena à genoux, mais l’animal peine à suivre les passes par le bas. À mi-hauteur, le toro se défend, ce qui empêche Navalon d’installer pleinement son toreo. Il réussit ses meilleurs passages sur le pitón gauche, notamment une dernière belle série avant l’épée. Une entière, puis un descabello.
Álvaro Lorenzo hérite du quatrième Pagés Mailhan, de gabarit supérieur. Une pique légère. Le début de faena est vibrant grâce aux charges intéressantes du toro et à un Lorenzo précis, toujours bien placé. L’Espagnol réalise une première partie de faena solide où il profite des qualités de son adversaire. Malheureusement, le manque de force de l’animal l’oblige à revoir sa copie. Le toro se rapproche progressivement des planches dans une faena finalement trop longue. Le premier avis retentit avant la première épée. Lorenzo porte une estocade traversante puis doit s’y reprendre avec une seconde estocade tombée, suffisante, alors que le deuxième avis a déjà retenti.

Carlos Olsina hérite du cinquième, très léger de trapío. Il pousse sur l’unique pique. Le toro cherche rapidement les planches et se montre distrait, allant même chercher le burladero avant que la faena ne débute réellement. Dès que Carlos Olsina le cite, l’animal déboule avec beaucoup de vitesse dans la muleta du Français. Olsina parvient finalement à construire une bonne faena, notamment sur le bon pitón droit du toro qui offre des charges vibrantes. Le Biterrois s’accroche et poursuit son œuvre avec des passages parfois un peu périphériques. Il se fait d’ailleurs sérieusement secouer sur un retour de son toro. Courageusement, il revient en piste pour conclure d’un vilain bajonazo, suffisant pour faire tomber l’animal.
Samuel Navalon hérite du dernier toro de Pagés Mailhan, qui prend une pique légère. L’animal est exigeant à lidier mais montre de réelles qualités, notamment dans la cape de Curro Javier, impeccable lors du tercio de banderilles. Samuel Navalon perçoit rapidement les possibilités de son adversaire et élève le niveau de la corrida en servant une faena précise et efficace. Il domine son toro de bout en bout et s’adapte parfaitement à ses exigences tout au long de la faena. Professionnel et intelligent, il porte une excellente estocade, la seule véritablement réussie de l’après-midi, pour décrocher deux oreilles pleinement méritées.
Tyrosse, Samedi 1er août 2026
6 toros de Pagés Mailhan pour
Alvaro Lorenzo : salut et salut après 2 avis
Carlos Olsina : 2 oreilles et vuelta
Samuel Navalon : silence après avis et 2 oreilles
Jean Dos Santos
