Eauze a ouvert les portes de ses arènes en cette période de fêtes locales grâce à l’abnégation du Club Taurin, qui a tout mis en œuvre pour maintenir sa journée taurine. Une nouvelle formule était proposée, composée d’une fiesta campera matinale et d’une novillada sans picadors l’après-midi, en lieu et place de la corrida.
Une réduction de la voilure donc, notamment en raison d’importantes contraintes financières. C’est devant une petite assemblée que Julio Martin et Ekaitz Moreno Leal ont effectué le paseo pour affronter les erals de Lartet.
Les cinq erals de Lartet, très bien présentés, se sont montrés irréguliers dans leur race comme dans leur comportement. Brusques et difficiles à fixer, ils ont posé de nombreux problèmes aux hommes en piste, tout en offrant malgré tout quelques opportunités aux apprentis toreros.
Julio Martin s’est détaché lors d’une après-midi placée sous le signe de la competencia, où le meilleur des deux novilleros obtenait le droit d’estoquer le cinquième eral. Le Landais a affiché de très belles dispositions avec un toreo classique et élégant, toujours dans un bon sitio, offrant les meilleurs moments de cette novillada. Si certains détails restent naturellement perfectibles, la qualité du toreo proposé est indéniablement prometteuse, notamment face à un bétail exigeant, qui demandait précision et engagement pour en tirer le meilleur. Une après-midi d’apprentissage conclue par la conquête de deux oreilles, la seconde obtenue avec davantage de poids.
Ekaitz Moreno Leal a davantage subi la concurrence, mais surtout son manque de métier pour résoudre les difficultés qui se sont présentées à lui. Son courage n’a toutefois jamais fait défaut et le torero basque n’a jamais abdiqué, parvenant finalement à extraire quelques bons passages face à son second eral. Beaucoup de travail l’attend encore, mais le garçon a démontré de réelles qualités de courage et de volonté.
Toro a toro
Le premier eral de Lartet est bien présenté. L’animal peine à se fixer et ses charges brusques compliquent la réception à la cape d’Ekaitz Moreno Leal. S’il possède un fond intéressant, il cherche constamment la sortie. Le Basque parvient à l’intéresser grâce à quelques bonnes séries qui permettent de faire ressortir les qualités de son adversaire. Il ne parvient cependant pas à suffisamment peser sur lui malgré une faena honorable. Il conclut d’une entière un peu plate et en avant, suffisante pour obtenir la mort de l’animal.
Julio Martin hérite du deuxième eral de Lartet, lui aussi bien présenté. Il le reçoit avec assurance à la cape, même si l’animal continue de refuser de se fixer. Le Landais construit une faena tout en douceur face à un adversaire qui en manque. Toujours dans un bon sitio, il s’applique à canaliser un eral sérieux aux charges inégales. Une prestation appliquée, certes irrégulière, mais convaincante. Une entière de côté au second essai lui permet de décrocher une première oreille.
Ekaitz Moreno Leal accueille le troisième eral à puerta gayola. Il met immédiatement de l’ambiance dans les gradins et frôle l’accrochage. Plusieurs largas de rodillas viennent ensuite réveiller le public. Juste de forces, l’animal oblige le Basque à toréer à mi-hauteur. La faena demeure très inégale, avec plusieurs passages accrochés et un manque de maîtrise. Malgré tout, Moreno Leal s’accroche et fait preuve d’un courage constant, terminant son travail sur une meilleure note. Il tue au troisième essai d’une entière basse inefficace nécessitant le recours au descabello. Un avis.
Julio Martin débute la quatrième lidia par des farols artistiques avant d’enchaîner avec de bonnes véroniques. L’eral se montre d’abord réservé avant de se livrer progressivement. Le Français réalise plusieurs séries de qualité sans toutefois parvenir immédiatement à dominer pleinement son adversaire. C’est en baissant la main qu’il finit par en extraire le meilleur, notamment lors de belles naturelles. Une entière en avant, suffisante, lui permet de couper une nouvelle oreille.
Naturellement désigné pour estoquer le cinquième eral, Julio Martin ouvre cette ultime lidia par de magnifiques véroniques, genou fléchi. Face à un exemplaire difficile, juste de race et toujours compliqué à fixer, le Landais doit consentir un effort supplémentaire. Il signe une prestation sérieuse et appliquée devant un adversaire exigeant avant de conclure en plusieurs temps cette après-midi de toros.
Eauze, Samedi 4 juillet 2026
5 erales de Lartet pour
Ekaitz Moreno Leal : silence et salut après avis
Julio Martin : une oreille, une oreille et salut
Jean Dos Santos
