Mont de Marsan : Très bonne corrida de José Escolar Gil, Dorian Canton se démarque

La Feria de la Madeleine se poursuivait ce jeudi à 19 heures, après un paseo retardé en raison des fortes chaleurs. Au moment du défilé des cuadrillas, près des trois quarts des arènes du Plumaçon avaient pris place pour assister à une très intéressante corrida de José Escolar Gil.

Le ganadero présentait un lot de six toros à la présentation irréprochable. Magnifiques, sérieux, encastés et exigeants, ils ont tenu les aficionados en haleine tout au long de l’après-midi. Braves au cheval et dotés de charges vibrantes, ils ont largement contribué à l’intérêt de la corrida. Face à eux, le bilan des toreros est en revanche beaucoup plus contrasté.

La très belle satisfaction de la journée se nomme Dorian Canton. Le matador béarnais a plus que rivalisé avec un excellent lot de José Escolar. Précis, appliqué et inspiré, il a parfaitement compris les exigences de ses deux adversaires, notamment d’un remarquable troisième toro. Sa prestation, unanimement saluée, lui a permis de couper une oreille de poids malgré une épée tombée. Cette performance au Plumaçon pourrait bien marquer un tournant dans sa carrière et lui ouvrir de nouvelles opportunités.

À l’inverse, Antonio Ferrera est totalement passé à côté de son lot. Jamais en confiance, il n’a ni voulu ni su voir les qualités de ses adversaires, quittant les arènes sous une bronca nourrie après deux prestations très décevantes.
Pepe Moral, quant à lui, a fait parler son professionnalisme. Son toreo sévillan a laissé entrevoir de belles naturelles, notamment face à son premier toro, avec lequel il aurait sans doute pu prétendre à une oreille en se montrant plus précis à l’épée.

Une corrida globalement très intéressante, portée avant tout par un remarquable lot de José Escolar Gil et par un Dorian Canton qui fut le seul à véritablement se hisser au niveau de ses adversaires.

Toro a toro

Le premier toro, bien présenté, s’abîme rapidement les pointes après avoir violemment heurté les planches. Antonio Ferrera réalise une lidia sérieuse pour le conduire à trois reprises au cheval. Le toro vient avec franchise mais pousse modérément sous le fer. Dès le tercio de banderilles, il se montre très exigeant avec des charges courtes et sèches. Ferrera ne prend jamais la mesure de son adversaire et abrège rapidement une faena sans contenu, sous une bronca générale. Il conclut d’une entière verticale ressortie puis d’une entière basse, longue d’effet.

Le deuxième est un magnifique exemplaire de José Escolar Gil, accueilli avec prudence par Pepe Moral. Dès l’entrée en piste des chevaux, le toro se dirige seul vers la cavalerie. La lidia se révèle compliquée et les trois piques, données de plus en plus loin, sont très appuyées. À la muleta, le toro révèle une excellente corne gauche. Après un début de faena vibrant, Pepe Moral trouve progressivement la bonne distance. Il s’accroche sur le piton droit avant de signer plusieurs naturelles profondes qui résonnent dans le Plumaçon. La seconde partie de la faena perd toutefois en intensité. Une entière un peu basse et en avant, suivie du descabello, le prive d’une récompense. Ovation au toro et salut du torero.

Le troisième est un autre magnifique toro de José Escolar Gil. Dorian Canton le reçoit par les premières véritables véroniques marquantes de cette Madeleine. Sérieux dans la lidia, le Français voit son adversaire sauter au cheval avant de pousser avec bravoure. Après un changement de monture, deux nouvelles piques sont administrées. Brave et encasté, le toro trouve en Dorian Canton un adversaire à sa hauteur. Le Béarnais trouve immédiatement le bon toque pour provoquer les charges et exploiter un piton droit exigeant. C’est toutefois sur la corne gauche qu’il excelle, allongeant les charges avec beaucoup de précision et de temple. Une prestation de grande qualité, malheureusement conclue par une entière tombée mais foudroyante. Une oreille largement méritée pour ce qui constitue, jusque-là, la faena la plus aboutie de cette Feria.

Le quatrième toro, plus massif et au berceau plus large, charge avec puissance dans la cape d’Antonio Ferrera. La lidia est décevante et le toro est excessivement châtié au cheval. Les protestations montent des gradins, tandis que l’alguazil intervient lui-même pour faire sortir le piquero après les injonctions de la présidence. À la muleta, Ferrera ne voit jamais les possibilités du toro, notamment sur le piton gauche qu’il laisse totalement inédit. Nouvelle prestation insuffisante, conclue d’une entière légèrement contraire au deuxième essai, sous une nouvelle bronca.

Pepe Moral hérite ensuite d’une nouvelle peinture signée José Escolar Gil. Mal lidié, le toro reçoit quatre piques, les trois premières mal exécutées et toutes très appuyées. L’animal accuse logiquement le coup dans le dernier tiers mais conserve des qualités que le Sévillan exploite avec sérieux. Il signe plusieurs muletazos de bonne facture, parfois un peu périphériques, avant de conclure d’une entière suivie d’un descabello.

Dorian Canton clôture la corrida face à un toro plus discret que le reste du lot mais toujours exigeant. Sérieux dans la lidia, il voit son adversaire fuir la première pique avant de pousser lors de la seconde, puis revenir deux fois supplémentaires avec moins de conviction. À la muleta, le Français répond une nouvelle fois présent. Il s’accroche sur le piton droit pour lier plusieurs séries intéressantes avant de retrouver toute son aisance sur le piton gauche. Naturelle après naturelle, il parvient à tirer le meilleur d’un toro exigeant et conclut une nouvelle prestation de haut niveau par une entière efficace au deuxième essai. Une belle ovation vient récompenser son excellente après-midi.

Mont-de-Marsan – Jeudi 23 juillet 2026

6 toros de José Escolar Gil pour
Antonio Ferrera : bronca et bronca.
Pepe Moral : salut après avis et silence.
Dorian Canton : une oreille et vuelta après avis.

Jean Dos Santos