Le troisième rendez-vous de la Madeleine 2026 s’est transformé en un long calvaire pour les près des trois quarts d’arènes présents au Plumaçon. Devant une assistance plus clairsemée que les jours précédents, le lot de Zacarías Moreno a profondément déçu, tant par sa présentation que par son comportement.
Difficile d’ailleurs de ne pas s’interroger sur la présence d’un tel lot dans une arène de première catégorie. La ganadería madrilène se produit rarement dans les grandes plazas, et cette corrida n’a certainement pas plaidé en sa faveur.

Hormis les cinquième et sixième toros, qui ont offert un peu plus de possibilités, la corrida s’est révélée fade, décastée et sans émotion. Victor Hernández et Tristan Barroso ont chacun coupé une oreille lors des deux derniers combats, des trophées accueillis avec une certaine indulgence par le public. Une après-midi décevante avant un week-end très attendu, avec le solo de Daniel Luque face à six toros, puis la traditionnelle corrida de Victorino Martín en clôture de la feria.

Toro a toro
Miguel Ángel Perera ouvre la corrida face à un toro correctement présenté de Zacarías Moreno. Après une réception prudente, l’animal reçoit deux piques, poussant surtout lors de la première. À la muleta, Perera signe une faena appliquée mais sans transmission face à un toro aux charges fades et irrégulières. Une entière bien portée, nécessitant toutefois le descabello, met un terme à son premier combat.
Le deuxième toro, juste de présentation et aux pointes déjà abîmées, échoit à Victor Hernández. La lidia est discrète et les deux rencontres avec le cheval se déroulent sans relief. À la muleta, le matador espagnol déroule une faena aussi propre que monotone, donnant des passes sans jamais parvenir à transmettre d’émotion. Une entière basse conclut une prestation accueillie dans un silence total.

Tristan Barroso reçoit le troisième toro à puerta gayola. L’animal sort au pas et un moment de tension survient lors de la larga d’accueil, mais le Français se relève rapidement avant d’enchaîner avec des gaoneras courageuses. La lidia manque de rigueur et le toro se dirige seul vers le cheval pour une première rencontre anecdotique, avant une unique véritable pique. À la muleta, Barroso doit composer avec un toro totalement décasté, qui ne se fixe jamais. Malgré sa volonté, il ne peut construire une faena et conclut difficilement de deux épées basses.
Le quatrième toro, mal présenté, est accueilli par une vive protestation du public du Plumaçon. Miguel Ángel Perera réalise une lidia incomplète, conduisant le toro au cheval sans véritablement le fixer. Un peu plus mobile que ses prédécesseurs, l’animal reste néanmoins totalement dépourvu de caste. La faena ne décolle jamais et Perera conclut d’une entière suivie d’un descabello.

Victor Hernández hérite du cinquième toro, correctement présenté et le meilleur du lot jusqu’alors. La lidia, approximative, est largement laissée à la cuadrilla pour deux piques sans histoire. Dès le début de la faena, le toro révèle davantage de fond et un peu de race. Le matador construit un travail sérieux, avec plusieurs passages de qualité des deux mains, notamment sur le piton droit. Il s’efforce de s’accorder aux charges intéressantes mais irrégulières de son adversaire avant de conclure d’une entière légèrement basse et foudroyante. Une oreille est accordée, sans véritable majorité de mouchoirs mais sans contestation non plus.
Le dernier toro, lui aussi juste de présentation, est combattu par Tristan Barroso. Après trois piques sans relief, le Français réalise une bonne entame de faena par doblones, parvenant à fixer son adversaire. Il profite ensuite des meilleures charges du toro, parfois rudes mais plus rythmées que celles de ses prédécesseurs. Sur plusieurs naturelles de bonne facture, il impose son tempo et signe les meilleurs moments de sa prestation. Une entière basse au deuxième essai lui vaut une oreille généreuse.
Mont-de-Marsan – Vendredi 24 juillet 2026
6 toros de Zacarías Moreno pour
Miguel Ángel Perera : silence après avis et silence
Victor Hernández : silence et une oreille
Tristan Barroso : silence et une oreille
Jean Dos Santos
