Vic Fezensac : Tarde de déception avec les toros de Baltasar Iban

La corrida de Baltasar Ibán n’aura finalement jamais véritablement décollé malgré quelques passages intéressants. Correctement présentés dans l’ensemble, les toros ont surtout manqué de fond et de transmission au dernier tiers, limitant fortement les possibilités des toreros. Quelques bons moments furent néanmoins aperçus sous la pique, notamment avec le cinquième toro, le plus complet de l’après-midi.

Chez les piétons, Morenito de Aranda, Juan de Castilla et Garrido se sont montrés appliqués sans parvenir à réellement faire basculer la tarde. Les nombreuses difficultés rencontrées à l’épée ont également pesé sur le rythme général de la corrida.

Toro a toro

Le premier Baltasar Ibán, pour Morenito de Aranda, prend trois piques sans véritablement pousser. Le torero réalise une faena correcte, accompagnée par la musique peut-être un peu tardivement. À l’épée, les difficultés s’accumulent : plusieurs pinchazos, une demi-lame, un avis puis le recours au descabello.

Le deuxième, pour José Garrido, s’emploie davantage au cheval lors de ses trois rencontres. Deux quites se succèdent, d’abord par Garrido puis par Juan de Castilla. Le toro manque cependant rapidement de fond, empêchant toute véritable intensité dans une faena sans grand relief. Garrido connaît ensuite un long passage compliqué à l’épée avant de conclure au descabello. Silence.

Le troisième Baltasar Ibán revient à Juan de Castilla. Le toro prend trois piques et permet une faena appliquée et agréable par moments, accompagnée par la musique. Une entière arrière nécessite plusieurs descabellos.

Le quatrième, un toro de cinq ans et le mieux présenté du lot, déçoit rapidement par son manque de fond. Cherchant constamment les planches, il ne prend que deux piques et le tercio de banderilles reste laborieux. Morenito de Aranda insiste longuement au centre de la piste face à un toro demandant sans doute une autre lidia. Les difficultés à l’épée prolongent encore le combat dans une conclusion compliquée, ponctuée de nombreux pinchazos et d’un avis. Les sifflets tombent après la mort du toro.

José Garrido

Le cinquième, pour José Garrido, est un beau toro qui prend quatre piques avec bravoure. Garrido réalise une bonne faena mais qui reste en dessous des possibilités de l’animal, lequel offrait davantage de transmission et de potentiel. Une entière tombée mais efficace conclut le combat. Salut après pétition.

Le sixième et dernier toro ne permet pas davantage de relancer l’ambiance. Juan de Castilla tente pourtant plusieurs choses avec volonté face à un adversaire peu collaborateur et devant des tendidos désormais froids. Après une première épée défectueuse, il conclut d’une seconde estocade efficace dans la croix pour mettre un terme à une après-midi globalement décevante.

6 toros de Baltasar Iban pour
Morenito de Aranda : silence après avis et silence après avis
José Garrido : silence et salut au tiers
Juan de Castilla : silence et silence

Aurélien Dufau