La vingt-cinquième corrida de la Feria de San Isidro, un nouveau « no hay billetes » devant 22 964 aficionados aux arènes de Las Ventas, a été marquée par la grave blessure de Clemente face au cinquième toro de l’après-midi.
La ganaderia de Juan Pedro Domecq a envoyé un lot globalement décevant, de présentation insuffisante, manquant de caste et offrant peu de possibilités aux toreros. Le cinquième toro s’est toutefois distingué par sa dureté et sa dangerosité, notamment sur le côté gauche.
Après avoir reçu ce toro à portagayola, Clemente a livré la prestation la plus marquante de la journée. Avec beaucoup de détermination, il est parvenu à construire plusieurs séries de qualité de la main droite, dominant un adversaire exigeant et particulièrement rusé. Soucieux de poursuivre son engagement sur les deux cornes, il s’est également exposé à gauche, là où le toro présentait le plus de danger. C’est en se replaçant qu’il a été violemment accroché puis projeté au sol dans une spectaculaire volte-face, provoquant de longs instants d’inquiétude dans les gradins.

Auparavant, Clemente avait montré beaucoup de volonté face à un sobrero de Montalvo sans grande qualité. Malgré l’absence de récompense au tableau d’affichage, son courage et son engagement face au cinquième toro lui ont valu une chaleureuse ovation du public madrilène.
Quant à Uceda Leal, il a dû composer avec le lot le plus ingrat de la corrida. Face à des toros sans options, il n’a pu exprimer son toreo qu’à travers quelques détails d’élégance et de métier, notamment devant son second adversaire, sans toutefois parvenir à donner de véritable relief à sa prestation. Pablo Aguado, qui semblait avoir hérité du lot le moins difficile, n’a pas davantage trouvé la matière nécessaire pour développer son inspiration. Confronté à des toros décastés et sans transmission, le Sévillan est resté en retrait et n’a jamais pu imposer sa personnalité.

Madrid, Vendredi 5 juin 2026
6 toros de Juan Pedro Domecq / Montalvo (2° bis) pour
Uceda Leal : silence et silence
Clemente : silence et blessure
Pablo Aguado : sifflets et silence
